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La simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance

12 janvier 2013

simplicite_volontaireLa décroissance, on en entend beaucoup parler, mais qu’est-ce que ça donne sur le plan théorique ? Paul Ariès donne ici son interprétation de différents courants qui, selon lui, ne vont pas dans le bon sens. On ne sort jamais du but de la croissance, de l’augmentation du PIB, que ce soit avec le « développement durable », ou « capitalisme vert », ou avec les gauches productivistes.

Le capitalisme vert, expression d’une « droite décomplexée au service d’un capitalisme techno-scientiste décomplexé », poursuit un productivisme toujours aussi néfaste à la vie humaine. À terme, le but sera même d’adapter la nature (techniques de modification du climat) puis l’humanité elle-même (humains génétiquement modifiés). Il n’y a rien à attendre de ce côté-là.

Au lieu d’améliorer le sort de l’humanité, le socialisme a lui aussi débouché sur un hypercapitalisme, qui a envahi toutes les sphères de la vie. Économie de l’immatériel, nouveaux modes de management, publicité envahissante imposent une façon de penser. Il ne suffit pas de transférer la propriété des moyens de production pour que le travail aliéné devienne émancipateur.

Il voit la solution dans un refus du modèle de société imposé : refuser la notion de pouvoir d’achat, sortir de la société de consommation, notamment en instaurant la gratuité, choisir la simplicité, la lenteur. Il ne faut plus se laisser envahir par les objets, arrêter d’accumuler ; ce choix de non consommation se complète par le retour au collectif et au combat politique, délaissés par les générations consuméristes.

Cette simplicité n’est pas celle du renonçant mais de l’usager maître de ses usages. (p. 223)

Ce livre de Paul Ariès est aussi intéressant et stimulant que ses apparitions télévisuelles. Il propose beaucoup d’idées, il nous met face à nos choix de vie, aux décisions qu’on prend pour perpétuer un ordre dont finalement on ne veut pas. Avec lui, ça dérape toujours par moments, comme lorsqu’il se revendique « conservateur », se fait le défenseur du mode de vie traditionnel populaire et de la ménagère (qui n’a pas franchement eu la part la plus belle de ce mode de vie…). Mais  peine refermé, le livre donne furieusement envie de s’installer dans une yourte et de faire la grève de la consommation !

Paul Ariès, La Simplicité volontaire contre le mythe
de l’abondance
, Ed. La Découverte, 2010, 298 p.

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2 commentaires leave one →
  1. 17 mars 2013 17:51

    La croissance est un mythe qui fait long feu, je ne comprends pas tous ces gens, citoyens et politiques mêlés, qui sont assez stupides pour croire que le salut de l’humanité viendra de la croissance…
    Dans un autre ordre d’idée, ton billet me fait penser que j’ai bien envie de m’attaquer à un autre concept à la mode, auquel presque tout le monde succombe y compris des écolos : le développement durable. Encore une belle fumisterie.
    J’ai toujours beaucoup de plaisir à flâner sur ton blog même si je ne laisse pas toujours de commentaires :-))

    • 15 avril 2013 22:32

      Merci pour la flânerie, continue ! ;-) Le livre critique justement les théories absurdes autour du « développement durable », entre autres choses.

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