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Alison Lurie

29 novembre 2005

amisimag1Quelques notes sur une auteure que j’apprécie, aux romans tout aussi subtils que drôles et caustiques.

L’action prend souvent place dans les milieux universitaires et artistiques, posant de très bonnes questions sur l’implication du chercheur dans son terrain d’enquête. A quel moment l’enquêteur perd-il son objectivité scientifiques ? Quand il s’auto-proclame gourou de la secte qu’il étudie en observation participante ? Quand il batifole sur la plage avec l’un de ses interviewés ?

A ce titre, les romans d’Alison Lurie sont bien plus recommandables pour les étudiants de sciences humaines que ceux de cette tanche de David Lodge, dont on abreuve les premières années en module d’Anglais.

On retrouve certains personnages à différents stades de leur existence au cours de ses romans. Son oeuvre recrée ainsi un petit monde à part entière. Le point de vue de chacun, apportant souvent un nouvel éclairage sur telle scène ou tel personnage, crée une atmosphère toute d’ironie mordante. Le trait est parfois cruel.

Des amis imaginaires (1967) : Un jeune sociologue accepte avec joie de participer à un terrain d’enquête avec un chercheur reconnu, sans se douter dans quel bourbier il met les pieds. Ce roman m’a fait hurler de rire, tellement certaines situations me rappelaient des souvenirs de ma vie d’étudiante. C’est l’Anti-manuel de Recherches en Sciences Sociales par excellence.

lorinjones2La vérité sur Lorin Jones (1988) : une historienne d’art, remontée à bloc contre les hommes, se lance dans la biographie d’une peintre tombée aux oubliettes. Elle interroge sa famille, ses collègues, se rend dans les endroits où elle a vécu. Tandis que la « vérité » l’amène à réviser une par une ses illusions, sa propre vie prend une tournure telle qu’elle doit se poser quelques questions sur elle-même.

« En fin de compte, elle n’avait jamais rien retiré de bien de ses rapports avec les hommes, à part le plaisir érotique. Et Polly commençaità pressentir que le plaisir érotique n’était que l’appât placé dans un piège, une façon d’attirer l’écureuil dans la cage afin qu’il – ou elle – puisse passer le reste de sa vie à trottiner dans un moulin en fil métallique, essoufflé d’amour et de peur. »

liaisonsetrLiaisons étrangères (1984) : immersion de deux intellectuels américains au sein de l’université anglaise, on suit leurs parcours parallèles, aussi riches en révélations inattendues l’un que l’autre. Les premières pages sont devenues cultes pour moi : une longue tirade sur la vie sexuelle des femmes laides (pas de vie amoureuse pour tout le monde, hélas…), jusque là peu abordée en littérature, il faut bien le dire.

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  1. urgonthe permalink
    13 juin 2011 14:55

    A part le fait que je ne connais pas du tout Alison Lurie mais que tu donnes tout à fait envie de la lire, je voudrais revenir sur un mot, un seul, mais il est dans la première phrase et me choque toujours autant « auteure ». Car premièrement, d’un point de vue purement grammatical, le feminin d’un substantif en ‘eur’ est à choisir parmi ‘ice’ (instituteur/institutrice), ‘euse’ (naguer/nageuse) mais sûrement pas en ‘eure’; deuxièmement, depuis bien avant Georges Sand il existe des écrivains (j’insiste) feminins reconnus, pourquoi donner un autre nom si ce n’est pour dire qu’elles ne font pas la même chose que les hommes, ou moins bien qu’eux ? Pour préciser ma pensée, n’est-ce pas un peu macho que de vouloir à tout prix féminiser la langue française et donc faire un distingo à tout niveau risquant par là même de minimiser le rôle des femmes dans le monde de la litterature (et pas seulement celui-ci) ?
    Posté par berlioz, 04 décembre 2005 à 10:30

    « n’est-ce pas un peu macho que de vouloir à tout prix féminiser la langue française et donc faire un distingo à tout niveau risquant par là même de minimiser le rôle des femmes dans le monde de la litterature » ==> Le rôle des femmes dans la littérature, et dans la société en général, a toujours été minimisé. Je ne vois pas comment on peut aggraver ce fait ! La féminisation des métiers est donc une préoccupation féministe. Personnellement, cela fait des années que je suis choquée par la masculisation à outrance de la langue française, le fameux masculin neutre. Alors je fais des efforts pour en sortir, avec les moyens du bord, même si ce n’est pas « joli » à lire, encore que notre perception de ce qui est choquant vienne en grande partie de la nouveauté.
    Posté par canthilde, 04 décembre 2005 à 12:05

    A ce moment là, il reste à inventer un vrai neutre ou une catégorie nom de métier, ce qui peut revenir au même. Mais, méfions nous de certains usages: « Madame la Présidente » a trop longtemps représenté la femme du président pour ne pas laissé une trace de mépris dans sa formulation alors que « Madame LE président » met en valeur non le sexe mais le titre de la personne, ce qui doit être le plus important. Auteur comme Ecrivain sont des titres, donc neutres quant au genre même si pendant des siècles il a été inconcevable dans la tête de pas mal de personnes, y compris des femmes, qu’ils puissent être portés par des femmes.
    Posté par berlioz, 10 décembre 2005 à 11:35

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