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Memories of Ice

23 juillet 2007

Je sors d’une lecture des plus éprouvantes. Il s’agit là du troisième tome de la saga de Steven Erikson, Malazaan Book of the Fallen, qui en comptera dix au total. J’adore me plonger dans d’énormes pavés dont l’histoire se suit mais là, en un an, je n’ai réussi à en lire que trois. Ils me laissent épuisée, gavée, assaillie par des visions funestes. J’ai envie de lire la suite, certes, mais pas avant six mois…

Nous retrouvons ici une bonne partie de l’équipe du premier tome, Gardens of the Moon. A savoir une armée durement éprouvée, hors la loi, dont les dirigeants ont un pied dans le monde réel et un autre dans les dédales compliqués des territoires divins (qui n’ont rien de célestes). L’univers fantasy d’Erikson présente en effet l’un des systèmes de magie les plus complexes qui soient. Il nous a balancées dans la saga au coeur de l’action, sans un maigre mot d’explication, à nous maintenant de grapiller des informations au fil de la lecture. Et, enfin, dans Memories of Ice, on commence à comprendre ce que sont les warrens et comment ils fonctionnent. Oh, ça ne veut pas dire que le cerveau arrive à analyser, mais on commence à saisir certaines logiques.

Au niveau des personnages, la plupart sont des soldats, et de la catégorie durs à cuire. Ca m’étouffe un peu car voir l’action du côté des dirigeants et combattants n’a jamais trop été ma tasse de thé. Mais j’apprécie la parité qui règne dans l’armée malazéenne : elle comprend un bon nombre de soldates, et pas forcément délicates, ni belles, ni intuitives ; à la corbeille, les clichés. Je trouve même que l’auteur en rajoute, avec ses héroïnes à la trempe carrée, face à des hommes plutôt sensibles, qui jouent profil bas. J’ai adoré le portrait d’Hetan, une guerrière barghast, donc plutôt trapue, le corps intégralement huilé, qui obtient généralement ce qu’elle veut, à savoir coucher avec la plupart des hommes en passant (qui tentent de fuir, terrorisés, avant de se rendre à ses arguments sans réplique, du style : « Tonigh, I’ll bed you. » Comment résister ?).

Mais il y a aussi Gruntle, un caravanier bourru, qui va s’élever au-dessus de sa condition de manière aussi inattendue que déplaisante. Ses chamailleries continuelles avec Stonny sont très drôles. Les vannes continuelles entre les personnages rendent le style alerte. Magie et races non humaines mises à part, ils agissent de façon contemporaine, ce qui change des auteurs qui tentent laborieusement de faire vivre un monde médiéval en toc.

Pourquoi la lecture n’en est pas plus facile, alors ? D’abord parce que l’histoire est dure à suivre. Le niveau d’anglais est assez élevé, l’auteur joue massivement des ellipses dans le récit qui brasse, soulignons-le, des centaines de milliers de gens à l’échelle de plusieurs continents. Dans un sens, c’est agréable de trouver un auteur qui ne prend pas ses lectrices pour des idiotes, mais qu’est-ce qu’on rame !

Ensuite, l’histoire est dure sur le plan émotionnel. Les scènes de combat sont plus que réalistes, c’est un véritable charnier à chaque fois ! Une armée cannibale, des bouts de corps qui explosent dans tous les sens, des condors furieux, des monstres intelligents armés jusqu’aux dents, les K’Chain Che’Malle (que je me représente vaguement comme des Tyrannosaurus Rex)… J’avoue que parvenue au bout de mes 900 pages, je n’avais qu’une envie, c’était de lire un livre très court qui parlerait de gentils lapins. Ce que j’ai fait, d’ailleurs.

Steven Erikson, Memories of Ice, Tor, 2001, 925 pages.

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