Skip to content

The Return of the Native

4 septembre 2007

Thomas Hardy est l’un des auteurs anglais qui me donne le plus de difficultés en version originale, avec son vocabulaire très riche, ses descriptions détaillées. C’est pourtant une valeur sûre de ma bibliothèque. Seul son pessimisme, par trop décourageant dans certains livres (chapeau à celles qui arrivent à terminer Jude the Obscure sans Prozac !) me retient de lire son oeuvre trop fréquemment.

The Return of the Native est paru en 1878, dans les premières années de sa carrière littéraire. Il se situe dans un coin de campagne anglaise qui sent le vécu, aux descriptions évocatrices (et toujours aussi ardues pour mon niveau d’anglais). J’ai été emportée dès les premières pages, qui promettent des passions exacerbées dans des paysages sauvages.

On découvre d’anciennes coutumes du pays, sur le point de tomber en désuétude : les feux dans la lande où se rassemblent des paysans au langage rugueux (ici, l’auteur fait preuve d’un talent comique certain), le marqueur de moutons nomade, le « reddleman », les interprétations des « mummers » dans les foyers à Noël.

Le roman offre de beaux personnages tourmentés, en proie à de continuels atermoiements sentimentaux. C’est un peu Les Hauts de Hurlevent, le romantisme en moins. La plume de Thomas Hardy est particulièrement cynique, notamment lorsqu’il énumère les raisons véritables de se rendre à la messe (dieu n’en fait pas partie) ou de se marier.

The customary expedient of provincial girls and men in such circumstances is churchgoing. In an ordinary village or country town one can safely calculate that, either on Christmas-day or the Sunday contiguous, any native home for the holidays, who has not through age or ennui lost the appetite for seeing ang being seen, will turn up in some pew or other, shining with hope, self-consciousness, and new clothes. Thus the congregation on Christmas morning is mostly a Tussaud collection of celebrities who have been born in the neighbourhood. Hither the mistress, left neglected at home all the year, can steal and observe the development of the returned lover who has forgotten her, and think as she watches him over her prayer-book that he may throb with a renewed fidelity when novelties have lost their charm. (p. 141-142)

Personnage à part entière, la lande est décrite sous toutes ses formes et ses couleurs, changeantes selon les saisons. Paysage austère pour la bouillonnante Eustacia, lieu chargé d’histoire et de promesses pour le vertueux Clym, son dépouillement même en fait l’objet de toutes les projections. Avec Tess of the d’Ubervilles, c’est l’un des plus beaux textes que j’ai lus sur la campagne anglaise.

Thomas Hardy, The Return of the Native, Penguin Popular Classics, 482 pages.

Publicités
One Comment leave one →
  1. 17 août 2011 18:52

    Je viens de relire « Tess of the d’Urbervilles », avec tout autant de plaisir que la première fois. C’est le seul Thomas Hardy que je sois arrivée à lire pour l’instant. Il me semble avoir misérablement calé sur « The return of the native » il y a quelques années. Mais depuis quelques temps, tout me pousse (ce billet, par exemple), vers le reste de son oeuvre. Sauf que, comme tu le dis, il faut se sentir la force d’affronter et la langue, et le pessimisme du monsieur. Des lectures à étaler, parmi d’autres plus joyeuses, donc!
    Posté par ekwerkwe, 05 septembre 2007 à 21:24

    Le début est assez ardu avec tous ces termes paysagers, les personnages secondaires… On ne rentre dans l’action qu’après plusieurs chapitres, mais ça vaut vraiment le coup ! J’ai trouvé que ce roman avait une construction parfaite, l’intrigue est très bien menée.
    Far From the Madding Crowd était bien aussi dans le genre champêtre et il se terminait « raisonnablement » bien.
    Posté par canthilde, 06 septembre 2007 à 08:12

    Quelle chance de pouvoir le lire en VO !
    Posté par Claire jane, 28 décembre 2007 à 20:36

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :