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Des anges et des insectes

7 décembre 2007

J’ignorais, en entamant ce livre, qu’il se composait de deux histoires, dont seule la première avait inspiré le film du même nom. « Morpho Eugenia » conte la curieuse tournure prise par la vie d’un entomologiste explorateur, de retour en Angleterre après un naufrage. Ambiance feutrée de manoir anglais, relations en apparence très policées, sensualité peinant à percer derrière les conventions… L’autrice se livre ici à une véritable exploration de l’inconscient victorien : les jeunes filles, la symbolique du mariage, le progrès de la rationalité sur les explications mystiques du monde. La vie de la maisonnée est mise en parallèle avec les sociétés d’insectes, à travers le regard quasi anthropologique du héros. A l’instar d’une fourmi mâle ailée après le vol nuptial, la question de son utilité ne tarde pas à se poser…

J’ai trouvé le style admirable. L’histoire m’a captivée même si, une dizaine d’années après la sortie du film au cinéma, je me souvenais assez clairement de l’intrigue. Il n’y a guère que le conte « Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles sont » qui m’a semblé longuet, malgré sa place centrale dans la résolution de l’énigme qui se pose au héros.

« L’ange conjugal » m’a prise par surprise. Même s’il existe un lien ténu avec l’un des personnages du récit précédent, il s’agit d’un tout autre univers. On est cette fois plongée dans les séances de spiritisme dune petite communauté bizarre, dont l’exaltation peut être mise sur le compte de la frustration sexuelle. On visite un autre pan de l’imaginaire, celui de la mort qui vient largement frapper les familles et vient hanter les vivants écrasés de regrets. Une pincée de fantastique (bien que d’après moi, tout peut s’expliquer par une bonne psychanalyse), beaucoup de poésie, des dialogues burlesques, le texte n’est pas aussi accrocheur que le premier mais mérite qu’on s’y attarde. Il contient en germe une bonne partie des thématiques de Possession.

A.S. Byatt, Des anges et des insectes, Flammarion, 1995, 320 pages.

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  1. 24 août 2011 09:46

    Comme vous, j’ai nettement préféré la première partie, avec son symbolisme lumineux. La scène de l’envol des papillons est un véritable morceau d’anthologie
    Posté par sybilline, 19 mars 2008 à 14:50

    Ce livre est un mélange de culture et de sensualité très intéressant. Et puis j’aime beaucoup les descriptions de fourmis.
    Posté par canthilde, 21 mars 2008 à 12:01

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