Skip to content

Perdido Street Station

12 décembre 2007

Ce roman en deux parties (découpage français) est précédé d’une réputation flatteuse. Entre fantasy et steampunk, il s’agit avant tout d’une aventure urbaine, dans le cadre dénaturé de Nouvelle-Crobuzon.

Dès les premières pages, la fascination le dispute au dégoût. C’est un bestiaire innommable qui se dévoile peu à peu : créatures insectoïdes, reptiliennes, cactacées même, sans compter les Recréés aux greffes répugnantes. Tous ces êtres doués de conscience pullulent et s’agitent en tous sens dans la ville de Nouvelle-Corbuzon, véritable cloaque suintant et bourbeux.

Malgré les particularités physiques de certains, les personnages nous sont rapidement sympathiques : savants, artistes, journalistes contestataires, aux prises avec un pouvoir corrompu. J’ai aimé l’ambiance décadente, la nonchalance des personnages évoluant dans un paysage baroque en pleine décomposition. La matière organique est au cœur de l’intrigue, avec des lois physiques quelque peu différentes des nôtres.

Ça, c’est pour le premier tome, magistral exercice d’exposition d’un monde riche et prometteur. En ce qui concerne le deuxième, il déroule les rebondissements attendus de l’intrigue d’une façon un peu trop linéaire, au point que j’ai lu en diagonale les 250 dernières pages. L’histoire s’assombrit encore plus, nous traîne dans les pires bas-fonds de la ville et de l’âme humaine. On suffoque, on cherche en vain un rayon d’espoir… J’ai regretté la recherche gratuite des détails les plus répugnants, à l’image de certains Stephen King. Le livre laisse également un goût d’inachevé en ce qui concerne l’origine des pouvoirs du gouvernement et les détails insolites de certains quartiers qui laissaient présager un développement quelconque.

Quelques immeubles gris, au béton suintant et gâté, y poussaient telles des herbes folles dans un cloaque. Nombre d’entre eux, inachevés, arboraient des étais de fer évasés qui partaient en éventail à partir de toits fantômes, et qui, rouillant et saignant sous l’effet de la pluie et de l’humidité, tachaient la peau des immeubles. Les calovires tournoyaient au-dessus de ces monolithes telles des corneilles noires, s’accroupissant sur les étages supérieurs pour souiller d’excréments le toit de leurs voisins. Les pourtours de l’horizon de masures du Palus-au-chien enflaient, éclataient, et changeaient à chaque nouvelle visite. Des tunnels se creusaient au sein de la ville parallèle qui s’étendait sous Nouvelle-Crobuzon, un réseau de ruines, d’égoûts et de catacombes. Les échelles laissées un jour contre un mur s’y voyaient clouées, puis renforcées le lendemain, si bien qu’en une semaine elles étaient devenues de vrais escaliers menant à un autre niveau, jeté de façon précaire entre deux toits affaissés. Où que portait le regard, on voyait des gens allongés, courant, ou se bagarrant sur le panorama des toits. (tome 1, p. 164-165)

China Miéville, Perdido Street Station, Fleuve Noir, 2003,
tome 1 (368 pages), tome 2 (454 pages).

Publicités
One Comment leave one →
  1. 18 août 2011 11:26

    Effectivement, PSS est un livre très puissant. J’ai aussi regretté la recherche du macabre que l’on trouve dans certaines scènes, mais cette tendance est moins marquée que dans son ouvre de jeunesse, King Rat – et va même diminuant avec les explorations successives de son univers (the Scar et Iron Council).

    Et ça fait des années que j’ai pas lu un King mais il y en a que j’aime beaucoup. Je ne sais pas par contre ce que donnent ses romans récents.
    Posté par Munin, 28 août 2008 à 09:25

    Tiens, je n’arrive pas à faire de rétrolien ? Je tombe sur une vilaine page qui me dit qu’il manque un protocole XML.
    Posté par Munin, 28 août 2008 à 09:33

    Finalement, je ne garde pas un souvenir très puissant de Perdido Street Station et le trouve surévalué. Il m’a vraiment ennuyée sur la fin !
    Posté par canthilde, 28 août 2008 à 23:58

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :