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Les beaux mariages

23 janvier 2008

Lettre W du Challenge ABC 2008

Ondine était farouchement indépendante, et pourtant irrésistiblement portée à imiter. Elle voulait surprendre tout le monde par son audace et son originalité, mais ne pouvait s’empêcher de se calquer sur la dernière personne qu’elle avait rencontrée ; d’où une confusion d’idées qui la jetait dans un trouble profond chaque fois qu’elle avait à choisir entre deux solutions. [p. 48-49]

Ondine Spragg veut plus, toujours plus : argent, gloire, respectabilité. Ses désirs exponentiels et contradictoires ne peuvent que la mener à franchir les barrières morales de la bonne société. Farouchement déterminée à rompre avec son milieu d’origine, sa seule arme réside dans ses charmes, dont elle usera sans le moindre remord.

C’est le premier roman d’Edith Wharton que je lis et je lui trouve de grandes qualités dans la reconstitution d’un microscosme mondain et cruel. On entre totalement dans la psychologie des personnages, au point de regretter parfois de ne pas avoir davantage d’informations sur leur entourage. Que disent les gens derrière leur dos, le scandale est-il monstrueux ?

Il faut dire que la compagnie d’Ondine n’apporte que le plus grand vide intellectuel. Ce personnage de coquette écervelée, égoïste, consommatrice de sa propre vie, est tout à fait actuel. Tout le roman décrit bien les conséquences d’une société capitaliste, aux valeurs uniquement basées sur l’argent. L’aristocratie, avec son culte des ancêtres, est engloutie, absorbée. On passe d’un système parfaitement injuste à un autre, où le seul but dans la vie est de porter une robe dernier cri. Au-delà de l’apparente superficialité décrite, ce roman m’a laissé un goût de cendres, me renvoyant à ma propre vacuité, et je salue le talent de l’auteure pour délivrer aussi élégamment son message.

Edith Wharton, Les beaux mariages, Editions La Découverte,
2003, 460 pages (The Custom of the Country, 1913).

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One Comment leave one →
  1. 24 août 2011 09:44

    Je l’ai pas lu celui-là, mais j’aime bcp Wharton et son art de la description des rapports humains.
    Posté par freude, 23 janvier 2008 à 18:46

    Je suis convaincue, c’est exactement le genre de roman « english » dont je raffole.
    Posté par Lune de pluie, 23 janvier 2008 à 22:40

    J’ai lu plusieurs des romans d’Edith Wharton il y a quelques années et tu me donnes envie de m’y remettre.
    Posté par Claire jane, 24 janvier 2008 à 20:48

    C’est le jour Edith Wharton, je crois! Je vais certainement en lire un mais je ne sais pas encore lequel!
    Posté par Karine, 25 janvier 2008 à 00:02

    Oui, Edith Wharton devrait vous plaire à toutes. Mais l’univers décrit par ce roman est quand même très agaçant ! Je lirai les autres en espérant ne pas tomber que sur des pouffes arrivistes !
    Posté par canthilde, 25 janvier 2008 à 10:32

    Le tour de force de ce roman, c’est quand même d’être passionnant avec un tel personnage principal! (je compte m’attaquer incessamment sous peu au « Temps de l’innocence »)
    Posté par fashion victim, 25 janvier 2008 à 21:34

    J’ai Edith Warton dans mon challenge 2008 avec « Le temps de l’innocence »
    Posté par katell, 25 janvier 2008 à 21:36

    Décidément, il me faut lire Edith Wharton. Je me promets d’en lire au moins un cette année.
    Posté par Charlie Bobine, 03 mars 2008 à 16:49

    C’est le livre que je lis en ce moment. Pourquoi avoir traduit  » The Custom of the Country  » par « Les Beaux Mariages « ? En tout cas, pour tous les amateurs, mieux vaut lire en version originale.
    Posté par thegreatone, 07 juin 2008 à 14:53

    La traduction française du titre ôte en effet l’aspect d’analyse sociologique de ce microcosme. Je pensais aussi le lire an anglais au départ mais je ne trouvais que la vf en bibliothèque. Il y avait bien la solution fichier numérique mais je la limite aux livres que je ne trouve vraiment nulle part…
    Posté par canthilde, 08 juin 2008 à 14:26

    Il a l’air très bien, je note le titre mais malheureusement, je ne lis qu’en français…
    Posté par Cécile, 24 juillet 2008 à 12:12

    Plutôt heureusement car la traduction est plus facile à trouver je pense ! A part ça, il faut aimer les personnages de parvenues écervelées.
    Posté par canthilde, 24 juillet 2008 à 20:14

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