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La Maison d’Oubli

28 janvier 2008

Premier volume d’une pentalogie fantasy, la Maison d’Oubli est un roman initiatique subtil et mystérieux. Les jumeaux Senso et Pierrino, âgés de sept ans, vivent dans la maison de leurs grands-parents avec leur petite sœur Jiliane. Leur quotidien paisible apparaît bientôt traversé de forces obscures.

Inséparables, les trois enfants souffrent le martyre lorsqu’ils sont physiquement éloignés les uns des autres plus de quelques minutes. Jiliane, à trois ans, ne parle pas. Elle ne prononce aucun son, tout en saisissant tout ce qui se passe autour d’elle et en communiquant à sa manière avec sa famille. Si les trois enfants sont aussi liés, c’est parce que leurs parents sont morts en s’inquiétant pour eux ; un fil d’or invisible les garde ensemble et les protège. La grand-mère évite ses petits enfants. Elle vit seule dans une aile de la maison, ils lui disent simplement bonsoir avant d’aller se coucher.

Tous ces détails donnent à penser que la famille Garance n’est pas tout à fait comme les autres. L’univers n’est pas celui qu’on croit, non plus. L’action se situe dans la ville d’Aurepas, inspirée des jolies villes du Sud-Ouest français. Nous sommes en 1789, mais ça ne se ressent pas trop. Il est question de religion, la géminite, basée sur l’harmonie entre Sophia et Jésus, les jumeaux complémentaires. Ce souci d’équité transparaît à chaque instant sous la plume d’Elisabeth Vonarburg, qui instaure un féminisme naturel, évident, qui se passe de démonstration lourde. J’apprécie ainsi énormément de lire au détour d’une phrase : « madame Marquès la notairesse, en compagnie de son époux », le genre de détails qui changent tout !

On rentre dans l’histoire par une première énigme, quand les enfants aperçoivent une fenêtre sur la façade de la maison, qui n’a jamais existé avant et qui ne correspond à aucune pièce de la bâtisse. Malins, ils interrogent domestiques et précepteur, dont les allusions laissent deviner que la maison est hantée. La découverte d’une carte magique, représentant un pays inconnu, qui provoque des sensations étranges quand on la pique d’un instrument, finit de persuader les enfants  que quelqu’un cherche à leur faire passer un message. Pendant ce temps, Jiliane ne parle toujours pas, mais elle rêve. D’un lointain ancêtre qui, contrairement à eux, était talenté, et dont les études de magie l’ont mené en des territoires dont il ne vaut mieux pas prononcer le nom…

Au bout de près de 700 pages qu’on ne voit pas défiler, le mystère s’est à peine éclairci, les enfants ont un peu grandi, l’univers s’est complexifié avec l’explication des grands conflits religieux, notamment avec les christiens. J’ai très envie de lire la suite, avec l’espoir que les héros auront un peu plus vieilli, ayant du mal à m’intéresser sérieusement à des personnages de moins de douze ans !

Elisabeth Vonarburg, La Maison d’Oubli, Editions Alire, 2005, 688 pages.

Reine de mémoire :

La Maison d’oubli
Le Dragon de Feu
Le Dragon fou
La Princesse de Vengeance
La Maison d’Equité

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One Comment leave one →
  1. 17 août 2011 19:14

    C’est bien tentant tout ça! Je suis bien intriguée et j’ai bien le goût de découvrir cette auteure, qui habite maintenant près de chez moi, que j’ai déjà vue… mais que je n’ai jamais lue!
    Posté par Karine, 28 janvier 2008 à 23:37

    C’est vrai que j’ai oublié de préciser qu’elle était québecoise ! D’ailleurs j’ai bien aimé certaines expressions, comme « être en galante ». Est-ce qu’elle est employée actuellement ?
    Posté par canthilde, 29 janvier 2008 à 12:05

    Un roman que j’ai reçu en swap et que j’ai encore plus hâte de lire maintenant!
    Posté par chiffonnette, 29 janvier 2008 à 20:26

    Chiffonnette : tu devrais passer un bon moment ! Mais on sent vraiment que ce n’est qu’un fragment de l’histoire complète, et je me demande si je vais trouver facilement les autres tomes…
    Posté par canthilde, 31 janvier 2008 à 00:12

    Effectivement alléchant…
    Si tu habites près de Paris (ou que tu as l’occasion d’y aller), je te conseille la librairie/bouquinerie Scylla: on y trouve pas mal de « A lire » d’occase, et le libraire est très sympa, il pourra peut-être t’aider (c’est sûr qu’avec une pentalogie, il y a de quoi s’inquiéter).
    Posté par ekwerkwe, 16 février 2008 à 15:28

    Bon, en fait je m’inquiétais parce qu’ils n’étaient pas à la bibliothèque, mais c’est normal : les derniers volumes ne sont pas encore distribués en France ! Mais je note le nom de la bouquinerie, pour quand j’aurai des sous à dépenser.
    Posté par canthilde, 16 février 2008 à 21:05

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