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A l’abri de rien

4 février 2008
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« Plombant ! », me suis-je dit, en refermant le dernier roman d’Oliver Adam, oui, celui-là même qui a fait un tabac à la rentrée.

Le thème m’intéressait au plus haut point : les réfugiés, souvent sans papiers, laissés pour compte à la fermeture du centre de Sangatte, qui espèrent rejoindre l’Angleterre et qui, en attendant, errent dans les villes de la côte française. Le constat est terrifiant : il est beaucoup question des interventions de la police, qui abandonnent certains réfugiés dans la nature après les avoir tabassés, les personnages font allusion à « cet enfoiré de ministre de l’Intérieur » (sic), les réfugiés survivent dans des conditions révoltantes, pire que des chiens errants.

Néanmoins, je déplore la façon dont le sujet est abordé, à savoir à travers le personnage de Marie, au statut de femme au foyer imposé par le chômage, dépressive, lassée des besoins envahissants de sa famille. Elle entre dans l’engagement presque par hasard, elle se trouvait là, on lui a demandé d’aider. Elle ne réfléchit pas vraiment à ce qu’elle fait, elle est bien trop paumée. Ce qui me gêne, c’est l’image des militants que ça donne. La plupart savent pourquoi ils sont là et l’engagement a toujours des racines dans l’histoire d’un individu, il survient rarement comme ça ! Et puis j’aimerais bien de temps en temps une héroïne positive, et non ce misérabilisme qu’on trouve massivement dans la littérature française actuelle.

D’autres thèmes secondaires m’ont intéressée, d’autant qu’ils touchaient de près l’une de mes amies, notamment le sort qui est fait aux femmes, aux mères qui osent délaisser leur foyer pour mener des actions militantes ! Persiflages des voisins, jugement de la famille, une femme n’est pas censée quitter les fourneaux sans une raison valable… J’ai été touchée, pour ma part, par l’allusion au deuil nécessaire de l’adolescence, avec ce symbole d’une voiture roulant vers la mort, un disque de Nirvana à fond.

Olivier Adam, A l’abri de rien, Editions de l’Olivier, 2007, 219 pages.

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One Comment leave one →
  1. 19 août 2011 12:27

    Je n’ai jamais osé le noté, vu que le thème m’intéressait somme toute peu… Je crois que ma liste ne s’enrichira pas de ce titre encore aujourd’hui!
    Posté par Karine, 05 février 2008 à 00:44

    Je n’avais déjà pas très envie de lire Olivier Adam. Mais avec ce que tu en dis, je n’ai plus envie du tout. Ce ton du roman français que tu déplores m’agace aussi énormément. Sur le thème des réfugiés, il y a un roman de Cynthia Ozick (Cf. challenge 200 que j’ai adoré: Un Monde vacillant.
    Posté par Cléanthe, 12 février 2008 à 22:07

    Je suis dure avec Olivier Adam ! Je me rends compte à vos réactions que j’en ai vacciné certains à vie ! Donc je répète que le thème est bien, surtout par ses allusions à la politique de l’immigration. J’aurais cependant aimé qu’il soit traité différemment que comme un long monologue sous l’ombre de la folie…
    Posté par canthilde, 13 février 2008 à 12:27

    J’ai lu « Je vais bien, ne t’en fais pas » de lui et il semblerait qu’il aime bien les héroïnes « paumées » comme tu dis.
    J’avais beaucoup aimé le roman mais celui-ci ne m’attire pas vraiment.
    Posté par Cécile, 22 février 2008 à 11:51

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