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Oroonoko

18 mars 2008
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Lettre B du Challenge ABC 2008

J’ai du mal à parler de ce texte, très court, presque une nouvelle.

A travers le personnage du prince Oroonoko, noble à tous points de vue, c’est le procès de l’esclavage qui est ici fait, à l’époque où les pays occidentaux mettaient en place la traite des noirs au sein du commerce triangulaire, qui allait les enrichir et permettre la révolution industrielle.

Et la critique de la société occidentale est acerbe, religion comprise. Sans tomber dans les travers d’une glorification d’un « état de nature » chez les Africains, Aphra Behn oppose une noblesse naturelle, civilisée, au vice recouvert d’un mince vernis de piété chez les Européens qui les exploitent sans scrupules.

Le statut du texte reste difficile à déterminer. La narratrice conte l’histoire d’Oroonoko, presque à la façon d’un conte, avant d’évoquer son funeste destin de son point de vue à elle. Qui est cette narratrice, qui s’excuse de ses maigres talents littéraires ? On apprend qu’elle a rencontré Oroonoko après sa capture et qu’ils se sont promenés ensemble, qu’elle l’estimait au point de le considérer comme un ami. Le mystère reste entier.

Il s’agit ici de l’un des premiers romans publiés en Angleterre, en 1688. Aphra Behn fut la première Anglaise à vivre de sa plume et candidate au titre de première romancière, après un long oubli qui l’a fait supplanter par Daniel Defoe. En ce qui me concerne, je n’avais jamais entendu parler d’elle avant de tomber, un beau jour, sur son portrait sur la page d’accueil de Wikipedia.

J’avoue que Oroonoko me laisse sur ma faim, mais je n’aurais rien contre le fait de lire une autre oeuvre de cette plume particulièrement sensible et élégante.

Aphra Behn, Oroonoko, Penguin Books, 2006, 144 pages.

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One Comment leave one →
  1. 18 août 2011 11:48

    Il a l’air vraiment très bon ce livre et encore une fois, c’est un livre dont je n’avais jamais entendu parler.
    Posté par GeishaNellie, 19 mars 2008 à 17:17

    Je pense qu’il vaut le détour, même avec ses imperfections. Le message délivré est étonnament moderne. Mais attention à la fin, qui est très dure…
    Posté par canthilde, 21 mars 2008 à 12:03

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