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Mma Ramotswe détective

22 mars 2008
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Lorsque Precious Ramotswe hérite de la fortune de son papa à l’âge de trente-cinq ans, elle ne songe pas à ouvrir un commerce ordinaire, une boucherie ou un débit de boisson, comme on le lui conseille sagement. Non, ce qu’elle veut, c’est ouvrir la première agence de détectives du Bostwana. Et, comme elle est particulièrement intelligente et têtue, la plupart de ses projets se concrétisent.

Mma Ramotswe possédait une agence de détectives en Afrique, au pied du mont Kgale. Voici les biens dont elle disposait : une toute petite fourgonnette blanche, deux bureaux, deux chaises, un téléphone et une vieille machine à écrire. Il y avait en outre une théière, dans laquelle Mma Ramotswe (seule femme détective privée du Botswana) préparait du thé rouge. Et aussi trois tasses : une pour elle, une pour sa secrétaire et une pour le client. De quoi d’autre une agence de détectives pourrait-elle avoir besoin ? Le Métier de détective repose sur l’intelligence et l’intuition humaines, et Mma Ramotswe possédait l’une et l’autre en abondance. Bien sûr, ce genre de chose ne figurerait jamais dans aucun inventaire…
Il y avait la vue aussi, mais elle non plus ne pouvait apparaître dans un inventaire. Comment une simple liste eût-elle décrit ce que l’on voyait de la porte de Mma Ramotswe ? Au premier plan, un acacia, cet épineux qui parsème les abords sauvages du Kalahari : longues épines blanches pour mettre en garde, feuilles gris-olive qui contrastent, délicates. parmi ses branchages, en fin d’après-midi ou dans la fraîcheur du petit matin, on pouvait voir – ou plutôt entendre – un touraco vert. et derrière l’acacia, par-delà la route poussiéreuse, les toits de la ville, sous une couverture d’arbres et de brousse. A l’horizon, dans le chatoiement azur des brumes de chaleur, les collines, telles d’improbables termitières géantes. (p. 7-8]

Plus qu’une intrigue à suivre tout au long du roman, ce livre de l’Ecossais Alexander McCall Smith, ayant longtemps vécu en Afrique, est une suite de petits histoires dans lesquelles se dessine progressivement le portrait de Mma Ramotswe, au passé plus lourd qu’il n’y semble au premier abord. Elle constitue un personnage touchant de dame au physique imposant restée très attachée à son « papa ».

Notre première dame détective (et non détective pour dames, a-t-elle souvent besoin de préciser à son entourage sceptique) est dans l’improvisation totale : elle commence par acheter son local, embaucher sa secrétaire avant de se plonger dans la lecture du manuel du parfait détective. Elle se forme ainsi sur le tas, sans éviter des maladresses comiques : ainsi, il est rare que les personnes qu’on lui demande de pister ne l’aient pas vue venir à des kilomètres !

Ses enquêtes, menées avec plus d’enthousiasme que de professionnalisme, sont l’occasion de découvrir la vie quotidienne au Botswana, avec de petites piques au passage sur les problèmes sociaux ou les traditions hypocrites. Mma Ramotswe doit avant tout devenir crédible en tant que femme exerçant son métier, et ne manque jamais une occasion de remettre à leur place les machos qui la tournent en dérision. Pour autant, on ne peut pas la qualifier de féministe, puisque les défauts qu’elle reproche aux hommes, paresse, lâcheté, luxure, sont d’après elle dus à leur nature, et non à leur éducation spécifique.

Un personnage très sympathique, en tout cas, que l’on peut suivre dans six autres volumes. Je retenterai sûrement l’expérience, en espérant que les intrigues se complexifieront avec le temps.

Alexander McCall Smith, Mma Ramotswe détective, Editions 10/18,
2003, 250 pages ( The N°1 Ladies’ Detective Agency, 1998).

Série « Mma Ramotswe » :

Mma Ramotswe détective
Les larmes de la girafe

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One Comment leave one →
  1. 19 août 2011 11:37

    C’est une série que je souhaite découvrir depuis un bon moment déjà! Comme j’aime davantage les personnages que les intrigues dans les policiers, je risque de bien aimer!!!
    Posté par Karine, 23 mars 2008 à 04:28

    Dans ce cas, ça risque de te plaire ! C’est plus un livre de découverte du Botswana qu’un polar au sens strict du terme, même s’il y a quelques mystères (simples) à résoudre.
    Posté par canthilde, 23 mars 2008 à 13:55

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