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Arlington Park

8 avril 2008

Dans la petite ville anglaise d’Arlington Park, banale à pleurer, plusieurs femmes découvrent chaque jour le prix à payer pour le rêve de la vie « heureuse et normale » qu’on leur a insidieusement inculqué. Elles ont oublié en quoi un mari, des enfants et une maison devait les combler de bonheur. Tout ce qu’elles voient, ce sont les enfants récalcitrants, les tâches ménagères, les maris qui s’arrangent pour ne pas être là.

Bon, quand même, voyant que le livre a été publié récemment, ma première réaction a été de me dire : on en est encore là? On se croirait dans les années 50 ! Il y a encore des femmes qui sacrifient leur intelligence et leur ambition pour se cloîtrer à la maison ? Il faut croire que oui car le livre est très réaliste.

Arlington Park sous la pluie : un labyrinthe de rues grises bien ordonnées avec des voitures qui les traversaient telles des pensées intimes. C’était à ça que revenait toute l’histoire : un lieu d’existence purement matérielle, traversé par des pensées intimes. Elle n’avait jamais pensé qu’elle se retrouverait ici, où des femmes buvaient du café à longueur de journée en poussant des landaus dans des rues grises et bien rangées, et où les hommes allaient au travail, y allaient et ne revenaient jamais, comme s’il y avait la guerre. Elle avait pensé qu’elle serait quelque part dans une université, ou dans un grand journal. D’autres personnes l’avaient pensé aussi. [p. 33-34]

D’une amertume sans fond, il m’a pourtant séduite pour sa justesse psychologique et ses descriptions vivantes. Rachel Cusk sait décrire à merveille ces espaces qu’on ne fait que traverser sans même les voir, en fait ressortir la triste humanité, qui se loge dans le béton des parkings ou le clinquant d’une galerie commerciale. J’ai été impressionnée par son talent d’observatrice sur des faits anodins de la vie quotidienne.

Rachel Cusk, Arlington Park, Editions de l’Olivier, 2007, 292 pages.

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One Comment leave one →
  1. 18 août 2011 12:07

    Il m’avait laissée très mal à l’aise ce roman. L’ambiance, cette amertume… Brrrr!
    Posté par chiffonnette, 10 avril 2008 à 20:33

    C’est un livre que je dois lire prochainement et je n’avais lu que des critiques très mitigées. Ce que vous en dites me rassure un peu.
    Posté par Dominique, 12 avril 2008 à 18:11

    Mon avis était plus mitigé aussi : trop sombre pour être vraiment réaliste, à mon goût !
    Posté par kathel, 14 avril 2008 à 10:53

    Inutile de vous le cacher, ce livre MET mal à l’aise, avec cette description froide de destins ratés qui nous ressemblent forcément à un moment ou à un autre. Je le trouve intéressant parce qu’il montre clairement les choix à ne pas faire !
    Posté par canthilde, 14 avril 2008 à 19:21

    Je te rejoins tout à fait, Canthilde, dans l’appréciation que tu fais de ce livre, à l’écriture impressionnante.
    Posté par Brize, 30 mai 2008 à 09:15

    Oui, ça fait plaisir de trouver de vrais talents qui se démarquent des autres.
    Posté par canthilde, 08 juin 2008 à 14:14

    je l’ai pris car il est sorti en poche! je ne regrette pas car ton billet fini de me convaincre!
    Posté par lael, 14 octobre 2008 à 05:59

    Tant mieux si je t’ai décidée, même si mon but n’est pas de pousser à la consommation. J’avais remarqué qu’il était sorti en poche, signe d’un certain succès commercial.
    Posté par canthilde, 15 octobre 2008 à 13:22

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