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Ritournelles, sueur et ampoules

19 avril 2008

cover

 

N’ayant pu décider aucun membre de mon entourage à m’accompagner au concert des Breeders (les hommes sont des petites natures), j’ai décrété : « Bon ! très bien ! Puisque c’est comme ça, j’irai seule et je sauterai dans tous les sens comme une adolescente sous ectasy ! » Et, finalement, exceptée la partie concernant l’ectasy, j’ai passé une très bonne soirée à la Cigale.

Sitôt terminée la première partie oubliable (beaucoup trop bruyante, quoique sympathique, sans plus), les techniciens ont commencé à installer un décor à base de grosses ampoules. Pas de chichis de stars : elles n’ont pas attendu une heure pour venir jouer. Une des soeurs Deal a même pointé le bout du nez pour donner des conseils aux techniciens pendant l’installation de la scène. Sont donc arrivées : Kim et Kelley Deal, en jean et t-shirt informes, le cheveux gras ou mouillé, le sourire éclatant ; une rousse à dreadlocks discrète, qui ne participerait que de temps en temps ; Mando Lopez, bassiste ; Jose Medeles, batteur énergique et visiblement enchanté d’être là.

C’est un plaisir de voir les jumelles sur scène. Très à l’aise, elles plaisantent, se chamaillent gentiment, font des bonds en tirant sur leur pantalon pour le remonter. Ca c’est de la vraie femme comme je les aime, qui se renifle sous les bras ! Elles interpellent les musiciens de gros « yok ! » et d’éclats de rire tonitruants qui tranchent avec leur douce voix quand elles chantent.

Dès le premier titre, « Tipp City » (hourrah !), j’ai su que ça allait bien se passer. Tous les albums y sont passés. Les titres de Mountain Battles, le dernier, passaient très bien en concert. « Bang On », « Overglazed », « It’s the Love »… Mélodiques, sautillantes, je les ai aussitôt adoptées. La fraîcheur des chansons, cette fameuse touche Breeders qui me surprend toujours, ressort encore plus en direct. Je pense que Kim Deal est une des meilleurs compositrices rock actuellement. Toujours très simples en apparences, sans surproduction, ses chansons présentent des constructions parfaites, aux mélodies séduisantes et subtiles, sans longueurs superflues : souvent une fin nette et brutale, au lieu d’un énième refrain, suffisamment frustrante pour donner envie de repasser la chanson sur le champ.

Les titres alternent puissance et délicatesse, tel le très doux « Here No More » qui m’a bercée avant de dégénérer en fou rire chez les deux soeurs. Comme on pouvait s’y attendre, elles ont eu un joli succès avec « Cannonball » et tous les titres de Last Splash joués ce soir-là. Un seul rappel, attaqué avec un « Overglazed » enthousiaste et ses « I can feel it ! » déclamés avec concentration par une Kim Deal au clavier.

Musique délicieuse, attitude formidable (on fermera les yeux sur l’accent effroyable de Kim Deal essayant de parler français), je suis redevenue fan sans la moindre retenue de ces musiciennes déjantées. Ne manquez pas la vidéo de la fête de sortie de l’album, qui permet mine de rien d’écouter le disque dans son intégralité et donne une bonne idée de la décontraction du groupe !

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