Skip to content

Semper Augustus

24 avril 2008

En l’honneur de la Fête des Tulipes de Saint Denis, qui a eu lieu le week-end dernier, je me suis plongée dans la lecture du beau roman d’Olivier Bleys, un auteur dont j’ai récemment entendu parler.

Il nous permet de suivre la famille de Cornelis Van Deruick, commerçant peu prospère du Haarlem des années 1630, aux Pays-Bas. Dans l’espoir de faire fortune, il embarque pour le Brésil en laissant la maison familiale sous la responsabilité de son fils aîné, Wilhem. Celui-ci ne va pas tarder à tomber sous de mauvaises influences…

Dans un style volontairement désuet, qui m’a un peu gênée au début, l’intrigue aborde un épisode historique réel, la « tulipomanie », qui vit naître les premières opérations spéculatives. On assiste à des scènes orgiaques dans les tavernes, où les bulbes de tulipes sont vendues aux enchères pour des sommes défiant l’imagination. Une étrange folie entoure ces fleurs encore inconnues peu de temps auparavant, dont les marchands s’arrachent les spécimens les plus bigarrés.

« Vois-tu, Wilhem…, reprit Paulus un ton plus bas. La Semper Augustus n’est pas seulement la première des tulipes, éclipsant en beauté toutes les autres, elle est aussi la plus riche et l’emporte en valeur !
– A quoi ressemble-t-elle, pour qu’on la désire tant ?
– C’est une sorte de
Rosen, mais combien plus raffinée ! A l’endroit où la fleur se joint à la tige, elle est d’un bleu uni. Puis la corolle s’arrondissant prend diverses nuances : tantôt un blanc pur, tantôt un jaune pâle moucheté de carmin. Elle est flammée du bas jusqu’en haut, de fines mèches rouge sang qui jaillissent du foyer des six pétales et s’élèvent en serpentant. Une splendeur ! » [p.231]

A travers l’illusion d’enrichissement rapide à portée de tous, les puissants assoient leur domination en profitant de la naïveté des ambitieux moins fortunés, qui risquent tout simplement leur vie dans ces spéculations qui les dépassent. Le personnage de Wilhem offre ainsi un portrait ambigu de personnage faible, aux prises avec un bienfaiteur aux motivations bien peu louables.

Un roman long juste comme il faut, à l’intrigue très bien construite, qui sait dénoncer avec élégance les grandes injustices de ce monde en revenant aux fondations du capitalisme. L’auteur me semble sympathique et il a déjà une oeuvre conséquente derrière lui ; on peut consulter ici son blog très végétal.

Olivier Bleys, Semper Augustus, Editions Gallimard, 2007, 335 pages.

       

Publicités
One Comment leave one →
  1. 19 août 2011 12:23

    Il me semble en avoir entendu parler. Toujours est-il que ce que tu en dis donne envie d’ouvrir ce roman!
    Posté par katell, 26 avril 2008 à 22:02

    On en a entendu parler cet automne, il me semble, quand j’ai noté le titre. Je ne connaissais pas l’auteur avant ; il faut croire qu’il a bénéficié d’une promotion plus aboutie cette fois-ci !…
    Posté par canthilde, 28 avril 2008 à 09:04

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :