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Où je suis

8 juin 2008
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– C’est encore moi, ai-je dit comme si j’étais lui qui m’apercevait.
Je l’ai dit avec l’impatience de quelqu’un de très occupé. Ce qui m’arrive souvent, de parler avec les autres comme si j’étais eux, alors qu’eux-mêmes ne savent jamais où je suis, et c’est ainsi qu’on n’arrive pas à se comprendre.
– Pardon, ai-je repris, cette fois en tant que moi-même. J’essaie de m’adapter à l’époque dans laquelle je vis. C’est une période très peu confortable pour des gens comme moi. L’importance énorme accordée à l’argent par mes amis, ma famille, mes ex-belles-soeurs, ma mère. Cette importance, le fait qu’ils me jaugent d’après l’argent que je possède, ne correspond pas à mes idées. J’essaie de m’expliquer, Arieh. Mais je ne fais que vous importunes. J’importune les gens. Ou plutôt, c’est moi qui suis tout le temps importunée, ce qui importune les autres. [p. 38-39]

A Tel-Aviv, comme ailleurs, il est bien dur  de vivre quand on ne maîtrise pas les codes de la vie en société. L’héroïne de ce roman n’essaie pas beaucoup de les comprendre. Agée d’une quarantaine d’années, « frivole » dans la tête, incapable de se concentrer sur quoi que ce soit, elle accumule les bévues professionnelles et les échecs sentimentaux.

La narration est absurde, les mésaventures des plus loufoques, même si le fond n’a rien de très réjouissant. La moindre démarche de la vie quotidienne peut avoir des conséquences disproportionnées. Ca me rappelle forcément des souvenirs ! Avec son courant d’air perpétuel dans la tête, l’héroïne est assez saoûlante, pour tout dire, même selon mes critères.

J’ai découvert Orly Castel-Bloom à l’occasion du Salon du livre de Paris, consacré à la littérature israélienne, dont elle constitue une figure importante. J’ignore si tous ses romans sont à ce point décousus. Celui-ci est à lire comme exemple extrême d’inadaptation au monde moderne, traité avec une légèreté plaisante.

Orly Castel-Bloom, Où je suis, Actes Sud, 1995
(Heikhan ani nimtset, 1990), 218 pages.

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One Comment leave one →
  1. 24 août 2011 09:42

    Ca semble particulier… mais je ne suis quand même pas tentée. L’héroïne m’a l’air vraiment bizarre!
    Posté par Karine, 09 juin 2008 à 01:28

    C’est ce qui fait son charme !
    Posté par canthilde, 09 juin 2008 à 19:19

    Je ne connaissais pas ce titre. Le prochain roman du même auteur que je vais lire (en 2008, 2009… ?) est « Dolly City ».
    Posté par Naina, 10 juin 2008 à 19:11

    La préface parlait beaucoup de « Dolly City », comme d’une héroïne elle aussi complètement ébahie. Je pense que je lirai « Textile » une prochaine fois.
    Posté par canthilde, 10 juin 2008 à 22:05

    J’ai fini textile, il y a quelques semaines… j’ai assez bien aimé, même si je n’ai pas bien compris où voulait aller l’auteur et dans la mesure où j’ai trouvé la fin déroutante… tu me diras????
    Posté par Elou, 18 juin 2008 à 19:30

    Alors « Textile » aussi serait décousu ? (Désolée pour ce jeu de mots, c’était difficile de résister !)
    Posté par canthilde, 22 juin 2008 à 20:57

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