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Alias Super Pouffe

5 juillet 2008

sydneyL’an dernier, à la recherche d’une série à super-héroïne, j’ai commencé à regarder Alias. Il s’agit d’une série américaine comprenant cinq saisons, dont l’héroïne, Sydney Bristow, est espionne pour le compte de la CIA. J’espérais du mystère, des combats, des personnages forts et ambigus. J’y ai trouvé tout cela, sans pour autant placer la série dans mon panthéon personnel.

Camouflages, contre-missions et porte-jarretelles

Au début de la première saison, Sydney est sur le point de se marier. Elle camoufle ses activités top-secrètes derrière un job dans un banque, en parallèle avec de sages études littéraires. Son univers éclate sans prévenir lorsqu’elle avoue son véritable métier à son fiancé. Celui-ci se fait assassiner et elle apprend, horrifiée, qu’elle travaille en fait pour le compte du SD-6, une organisation terroriste qui se fait passer pour la CIA. Elle se rapproche alors de son père, avec lequel elle entretient des relations compliquées, qui lui aussi travaille au SD-6, mais en tant qu’agent double pour le compte de la CIA.

C’est parti pour cinq saisons de missions à haut risque, avec des agents simples, doubles ou triples dans tous les sens et, surtout, des tenues absolument incompatibles avec les scènes d’action ! Le physique de mannequin de Jennifer Garner est le plus souvent moulé dans des robes échancrées, les cheveux fluos en pétard et bien sûr des gadgets dernier cri planqués dans le rouge à lèvre (caméra, disque dur, pistolet). Comme couverture, on fait mieux, mais on dirait que plus c’est gros, mieux ça passe !

J’ai regardé la plupart des épisodes avec intérêt, pas suffisamment pour comprendre le scénario complexe des missions, contre-missions, opérations et sous-opérations mais, globalement, on se lasse agréablement porter, jusqu’aux nombreux retournements de situation qui obligent à oublier tout ce qu’on savait des enjeux et des personnages. Accrocheur, d’autant que chaque épisode se termine par un cliffhanger delamorkitugrave. Il faut s’attendre à un aspect fantastique de plus en plus développé et à un fâcheuse tendance des personnages à ne pas mourir une bonne fois pour toutes.

Psychopathologie de l’agent de terrain

Au travail, Sydney dépote mais elle se transforme en brave fille fadasse dans la vie privée. La petite trentaine, en manque de repères parentaux (euphémisme !), elle est en fait désespérément normale, saine, équilibrée, comme tentent laborieusement de nous en convaincre les scènes avec ses deux amies Fran et Will. On croit qu’on va avoir droit à une histoire punchy avec une femme forte et indépendante, c’est en fait un imbroglio familial et larmoyant qui nous attend. On est ainsi ballotées entre bons sentiments et pure perversité.

Sans atteindre le niveau de 24 Heures Chrono (la série qui m’a donnée envie de vomir au point d’abandonner au bout de trois épisodes), les membres de la CIA sont présentés comme les gentils et leurs méthodes recommandables, s’agissant d’éradiquer des salauds de terroristes du Moyen-Orient ou d’Europe de l’Est. Les scènes de torture sont donc au menu, la différence entre les gentils et les méchants résidant dans le fait que ces derniers y prennent vraiment du plaisir, tandis que les héros ne font que leur devoir (longue vie aux USA !). Il n’y a donc pas qu’un léger relent de guerre froide, voire de guerre tout court, Alias nous donnant l’impression de faire partie des gentils, des beaux, des sexys, à savoir des services secrets de la CIA.

Où l’on retrouve des visages familiers

L’un des avantages de cette série, c’est son casting formidable, dont la cohérence peutvaughn sembler douteuse au premier abord. Outre les rôles principaux menés par des acteurs irréprochables (beauté lisse, forme olympique), on a le privilège de croiser Quentin Tarantino et David Cronenberg ou, de façon plus régulière, Lena Olin, qui joue toujours aussi bien la tigresse à sang froid, Faye Dunaway, victime du botox, Isabella Rosselini, à la maturité plus naturelle et bien plus terrifiante. Et quel plaisir de retrouver Terry O’Quinn dans le rôle de Kendall, directeur de la CIA ! Son nom ne vous dit peut-être rien, mais si je vous dis « Locke », dans la phrase : « Non, Locke, n’appuie pas sur la touche ! »… Oui, c’est bien l’excellent acteur de la moins excellente série Lost, dans un registre totalement différent. Si on a commenté en France l’arrivée d’Elodie Bouchez dans la saison 5, avec d’autres personnages, j’avoue que cet apport de sang neuf n’a pas réussi à me faire oublier les évènements du premier épisode de cette saison, qui ont quelque peu émoussé mon intérêt pour l’intrigue..

Côté bisous, on a un couple naissant avec Sydney et Vaughn qui se la jouent à la Mulder et Scully : ils se tournent autour, se reniflent le derrière… Tout ça met très longtemps à se mettre en place, Vaughn étant tout aussi prise de tête que Sydney.

MarshallMais comment s’intéresser à un gringalet psycho-rigide quand on a un délicieux Marshall sous la main ? Ah, Marshall !… Son prototype pourrait être le John Cage d’Ally McBeal. Bien bâti et néanmoins timide, sensible et émotif, c’est le parfait geek, le génie de l’informatique et des gadgets, qui n’a pas son pareil pour faire basculer de sérieuses réunions de travail dans la quatrième dimension. Il incarne le seul ressort comique de la série et chacune de ses apparitions est une scène d’anthologie. J’aime beaucoup celle où il s’entraîne à la batterie pour déclarer sa flamme et où Vaughn estime poliment que « ça peut marcher… sans la chanson. » Pour tout dire, je trouve qu’il est scandaleusement sous-employé dans la série et qu’il aurait normalement du tomber tous les personnages féminins. J’ai toujours éprouvé une attirance particulière pour les hommes légèrement atteints, à la beauté non évidente (il est possible d’y voir l’une des raisons de mon célibat prolongé)…

Au niveau des autres personnages intéressants, mention spéciale à Jack Bristow, papa-poule version déclencheur de bombe à distance à la main, Irina Derevko, toute en féline souplesse menaçante et, évidemment, Sloane, l’ignoble crapule qu’on adore détester.

En bref, une série prenante, à grand spectacle mais avant tout américaine, donc parfois indigeste.

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One Comment leave one →
  1. 3 juillet 2011 19:56

    Il a l’air sympathique, cet informaticien !!!

    T’aurais pas son numéro par hasard ?!?

    )))))
    Posté par Audrey H., 10 juillet 2008 à 00:38

    Euh… je ne sais pas, essaie de rentrer dans les services secrets de la CIA ! Mais je suis d’accord, il est craquant. Pourquoi est-ce que ce type de personnage a toujours le second rôle, alors qu’il représente l’idéal de beaucoup de femmes, je me le demande…
    Posté par canthilde, 10 juillet 2008 à 23:29

    Houla, légèrement atteint et beauté non évidente, c’est moi ça ! Mais finalement on comprend très bien pourquoi il est pas premier rôle. Les femmes les aiment bien ces types, mais ne les aiment pas (nuance). It’s life…
    Posté par Nicks, 11 juillet 2008 à 22:43

    Pas d’autodénigrement, Nicks ! Ce type d’homme ne correspond peut-être pas à l’idéal qu’on devrait rechercher, mais au fond de nous, c’est celui qu’on préfère… Toujours le problème de la prescription sociale…
    Posté par canthilde, 15 juillet 2008 à 14:12

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