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The Country of the Pointed Firs

9 juillet 2008

Lettre J du Challenge ABC 2008

Dunnett Landing, Nouvelle Angleterre, petite ville côtière où s’est installée la narratrice pour écrire tranquillement. Elle va profiter des beaux jours pour visiter le voisinage, éparpillé entre les îles et les fermes environnantes. A commencer par Mrs Todd, herboriste réputée pour ses remèdes, qui mène une vie retirée depuis la mort de son mari. On a d’abord une impression d’enfermement, de vie désuète en compagnie de vieux croûtons, puis les personnages se dévoilent sous une plume particulièrement sensible.

Quelles histoires drôles ou tristes recèlent ces gens habitués à la solitude, trouvant du réconfort dans la nature ? L’une se fait hermite sur une île minuscule suite à une déception amoureuse, l’autre continue de s’occuper de son foyer avec le même entrain sur une île voisine. Un calme apparent laisse parfois place à la nostalgie d’une jeunesse insouciante, au regret d’une existence gâchée dans un quotidien étriqué. La rudesse de la nature ne favorise pas l’entretien des relations sociales, qui pourraient rendre l’existence plus douce. Ces petites communautés isolées sont liées par une chaude amitié, qui résiste aux longues absences.

J’ai trouvé le pendant de Moby Dick dans ce « pays aux sapins pointus », le livre décrivant la vie des familles de marins et des vieux capitaines sur la côte, gardant le souvenir des pêcheurs aventureux de la génération précédente. Il offre en prime une vision apaisée de la vieillesse, période durant laquelle l’esprit ne perd rien de sa vivacité, quand le corps accuse la fatigue d’une existence difficile.

I drank at the spring, and thought that now and then some one would follow me from the busy, hard-worked, and simple-thoughted countryside of the mainland, which lay dim and dreamlike in the August haze, as Joanna must have watched it many a day.  There was the world, and here was she with eternity well begun.  In the life of each of us, I said to myself, there is a place remote and islanded, and given to endless regret or secret happiness; we are each the uncompanioned hermit and recluse of an hour or a day; we understand our fellows of the cell to whatever age of history they may belong.
But as I stood alone on the island, in the sea-breeze, suddenly there came a sound of distant voices; gay voices and laughter from a pleasure-boat that was going seaward full of boys and girls.  I knew, as if she had told me, that poor Joanna must have heard the like on many and many a summer afternoon, and must have welcomed the good cheer in spite of hopelessness and winter weather, and all the sorrow and disappointment in the world.

Sarah Orne Jewett, The Country of the Pointed Firs,
texte en ligne (première édition en 1896).

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2 commentaires leave one →
  1. 23 août 2011 10:15

    Il y a une traduction en français? Je suis très tentée!
    Posté par chiffonnette, 12 juillet 2008 à 11:19

    cela me fait penser que je rame cette année pour avancer dans mon challenge! Je pose la même question que chiffonnette: y a-t-il une traduction française car ce que tu nous en dis est plus qu’alléchant
    Posté par katell, 12 juillet 2008 à 19:29

    J’admire toutes ces lectures en langue originale surtout les classiques tels que Moby Dick. Dans la plupart des romans anglais je ne saisis que le sens global, assez peu de détails, encore moins les subtilités…
    Posté par Dominique, 13 juillet 2008 à 16:03

    Chiffonnette : Oui ! « Le Pays des sapins pointus et autres récits », éditions Rue d’Ulm, 2004, vu chez un célèbre site de vente en ligne. Pas facile à trouver sinon, j’avais essayé en vain dans les catalogues de bibliothèques.

    Katell : Allez, on se motive ! Les vacances sont le moment idéal pour avancer le challenge…

    Dominique : Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai saisi toutes les subtilités de Moby Dick. Je n’ai pas pris la peine de chercher tous les termes marins, toutes les parties du corps de la baleine, alors certaines descriptions restaient vagues. Mais ça aurait été pareil en français, je pense !
    Posté par canthilde, 15 juillet 2008 à 09:20

Trackbacks

  1. Quelques 26 livres plus tard… « Urgonthe

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