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A Storm of Swords

20 juillet 2008

Je continue ma relecture de A Song of Ice and Fire, en attendant la sortie incertaine du cinquième tome…

Dans ce tome 3, l’intrigue prend de l’ampleur, les scènes d’anthologie  s’enchaînent et une bonne partie des personnages évolue. La première surprise est l’apparition de chapitres « Jaime », où l’on entre dans les pensées du régicide pour la première fois, après l’avoir maintes fois entendu décrit comme un pervers psychopathe. Le talent de l’auteur est de réussir à nous émouvoir sur le sort d’un affreux méchant… qui ne l’est plus vraiment, du coup.

L’histoire prend une dimension véritablement épique. On commence à mesurer la force colossale des dragons de Daenerys, encore en pleine croissance. La jeune exilée mûrit elle aussi pour devenir une reine impitoyable, quoique dotée d’un sens de la justice et de doutes normaux pour une fille de son âge (quinze-seize ans !). La scène où elle se constitue son armée est un grand moment. De l’autre côté du monde, géants et mammouths parcourent le Nord, les wildings se rassemblent pour passer au-delà du Mur, fuyant l’armée de morts-vivants surgissant des étendues glacées.

Les enfants de la famille Stark poursuivent cahin-caha leurs aventures éprouvantes, aucun d’entre eux ne semblant destiné à survivre bien longtemps. Les personnages parcourent le pays en tous sens sans jamais croiser les bonnes personnes. Les hasards malheureux mènent certains à leur perte, d’autres paient pour les choix stratégiques faits plus tôt. Il est difficile d’imaginer la suite de l’histoire, qui prend des détours inattendus.

Dans une recherche de réalisme, rien ne nous est épargné des réalités physiques, à un point lassant. Il y a plusieurs passages douloureux, où on ressent vraiment la souffrance des personnages. Après avoir créé plusieurs personnages de salopards détestables, l’auteur se livre à un jeu de massacre assez jouissif.

1128 pages, quand même, c’est long, et l’écriture de Martin ne permet pas d’éviter la lassitude. Des phrases qui reviennent trop souvent ont fini par me sortir par les yeux, telles le « you know nothing, John Snow » d’Ygritte ou le « Hodor » d’Hodor (le seul mot qu’il connaisse). Le monde décrit est très incomplet puisqu’il ne montre que la cour et les soldats, pas le reste de la population. Je trouve enfin qu’il y a bien cent pages de trop ; le livre aurait été plus puissant s’il s’était arrêté à la bataille du Mur, au lieu de nous embarquer dans les intrigues de l’élection du nouveau Lord Commander.

George R. R. Martin, A Storm of Swords, Bentam Spectra, 2000, 1128 pages.

A Song of Ice and Fire :

A Game of Thrones
A Clash of Kings
A Storm of Swords
A Feast for Crows
A Dance with Dragons

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One Comment leave one →
  1. 17 août 2011 19:17

    Comme j’ai lu la version francophone du livre, ce sont d’autres phrases qui me sont sorties par les trous de nez et je ne sais pas si elles sont le fait de George R. R. Martin ou du traducteur.
    Par exemple, « de conserve » revient à tous les chapitres quoi qu’il arrive, plusieurs fois à chaque fois. Est-ce que l’auteur utilise des « together » à tours de bras?
    Je me souviens aussi d’avoir parfois éprouvé de la lassitude, par exemple avec Aria qui part toujours mais qui n’arrive jamais, à cause de son manque de chance ahurissant. Ça m’a même crispée par moments, ça faisait « trop ».
    Mais à part ça, je trouve que l’histoire est absolument géniale, et il fallait oser massacrer si joyeusement les personnages qu’on a mis tant de soin à dépeindre!
    Posté par Youplala, 23 juillet 2008 à 23:36

    Mince, j’ai fait une faute dans le prénom d’Arya. Toutes mes confuses.
    Posté par Youplala, 23 juillet 2008 à 23:38

    Les « together » ne m’onnt pas marquée, mais je me souviens que la version française essayait de créer un effet « médiéval » parfois maladroit (et les dialogues étaient très bizarres).
    Moi j’ai bien aimé les aventures d’Arya et de Brienne et Jaime. Ils se loupaient de façon très ironique. J’ai aussi adoré les deux mariages, surtout le deuxième d’ailleurs, parce que le premier est tragique au-delà de toute attente, alors que la mort de … m’a fait bondir de joie ! Martin flatte décidément nos mauvais instincts.
    Quant à Arya, ce n’est pas bien grave. Le fait de « fantasyser » les prénoms en ajoutant des Y et des K à des prénoms courants ne m’impressionne pas beaucoup…
    Posté par canthilde, 24 juillet 2008 à 20:13

    Tu me fais penser que j’ai oublié de parler dans mon billet des dialogues du « petit peuple ».
    Là le traducteur a quand même raté son coup, je n’arrivais même pas à comprendre certaines phrases (je les ai lues en anglais à la place). Il avait supprimé les voyelles pour ne laisser que les consonnes, or le français populaire ne ressemble pas vraiment à ça. On dit « chuis » et pas « j’ss »… :-/
    J’ai aussi aimé les aventures de Brienne et Jaime et je me demande bien comment ça va se finir tout ça. J’ai vraiment adoré l’évolution de Jaime d’ailleurs, les choses sont bien plus compliquées qu’il n’y paraît.
    (Vivement la suite! George, rentre d’Espagne et termine ton bouquin!)
    Posté par Youplala, 26 juillet 2008 à 23:27

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