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Pourfendeur de nuages

25 août 2008

Défi Le Nom de la Rose : le phénomène météorologique

Suite à la requête d’une jeune historienne, Owen Brown, retiré depuis des dizaines d’années sur un coin de montagne, rédige ses souvenirs de jeunesse, passée sous la coupe d’un père tyrannique. Tout le monde connaît John Brown, le grand abolitionniste qui a tant fait pour la cause des Noirs aux Etats-Unis. Mais peu de gens connaissent sa vie familiale, ses réflexions intimes, certains étant néanmoins convaincus qu’il était atteint de folie…

Dans ce superbe témoignage fictif (si John Brown a existé, l’histoire de son fils Owen est inventée par Russel Banks), nous parcourons les vastes étendues sauvages de l’Amérique du XIXe siècle. On pourrait se croire dans la Petite maison dans la prairie, sans ce portrait ahurissant d’un homme croyant jusqu’à l’exaltation, pratiquant jusqu’à l’austérité, connaissant la bible par coeur et la récitant pour le moindre événement quotidien. Face à un tel personnage, ses nombreux enfants sont électrisés, enrolés sans en avoir consience dans la guerre contre l’esclavage menée par leur père, l’adorant tout en présentent des troubles psychologiques divers. Owen n’y fait pas exception et c’est un individu complètement névrosé qui nous raconte son histoire, avec une analyse pointue de sa propre personnalité déficiente.

Ce roman m’a appris des détails que j’ignorais sur la période précédant la Guerre de Sécession, tels le train souterrain, réseau d’abolitionnistes transportant des esclaves noirs des états esclavagistes du Sud vers ceux du Nord, jusqu’au Canada. La loi sur les esclaves fugitifs, autorisant n’importe quel Blanc à expédier un Noir vers une plantation, esclave ou non, sans preuve sur son identité, m’était également inconnue.

La narration est intéressante, suivant les méandres des souvenirs du narrateur. La fin est annoncée dès le départ, il reste alors à comprendre comment un homme aussi respectueux de la religion va basculer dans la violence terroriste (utiliser la bible comme manuel de tactique militaire l’y a bien aidé !). Une sombre histoire de fanatisme religieux, de combats voués à l’échec et de désirs refoulés.

Russel Banks, Pourfendeur de nuages,
Actes Sud, 1998, 867 pages (Cloudsplitter, 1998).

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  1. 24 août 2011 09:41

    Ce livre ne m’avait guère tentée jusqu’à présent, mais ton superbe commentaire change la donne! Me voilà fort tentée à présent… et ça tombe mal, je viens de vider mon portefeuille!
    Posté par sybilline, 26 août 2008 à 00:04

    Moi non plus il ne me tentait pas vraiment… mais là, je commence à être tentée. Je me suis passionnée pour la guerre de Sécession un moment donné et le sujet m’intéresse encore (bon.. j’avoue c’Était après avoir lu « Autant en emporte le vent »… mais ça compte quand même, non?? )
    Posté par Karine, 26 août 2008 à 03:05

    J’ai lu  » De beaux lendemains » du même auteur, je pense que c’est un écrivain important. Je lirai celui là très certainement. Je connais mal l’histoire des États-Unis.
    Posté par Dominique, 26 août 2008 à 11:24

    Sybilline : Si j’ai réussi à te tenter, le très bon billet du Bibliomane devrait te faire complètement craquer :
    http://lebibliomane.blogspot.com/2008/08/loeuvre-sanglante-du-seigneur.html Karine : Dans ce roman, il est surtout question de l’époque précédant la Guerre de Sécession et le romantisme n’y a absolument pas sa place, mais c’est bien quand même. J’ai éprouvé une brève passion pour le sujet en regardant la série « Nord et Sud » avec Patrick Swayze, c’est vieux tout ça…
    Dominique : L’écriture de Russel Banks m’a impressionnée, suffisamment pour lire ses autres romans. Mais pas tout de suite, il a l’art de plomber l’ambiance avec des remarques bien morbides.
    Posté par canthilde, 27 août 2008 à 22:57

    Je ne connais pas encore cet auteur, mais le sujet du livre m’intéresse grandement, c’est pour cela donc, que je commencerai l’exploration de l’oeuvre de Monsieur Banks par ce roman.

    Il rejoint donc, ma LAL.
    Merci
    Posté par Malorie, 28 août 2008 à 16:48

    Bonne idée, Malorie ! D’après ce qu’on m’a dit, le reste de son oeuvre s’attache à l’Amérique contemporaine, dans ce qu’elle a de moins reluisant, faut-il le préciser. celui-ci est donc à part.
    Posté par canthilde, 29 août 2008 à 00:12

    Toujours pas lu un seul roman de Banks, mais « American Darling » est dans ma PAL. Celui-ci me paraît moins connu (en fait, ça veut dire que je n’en avais pas entendu parler) mais me tente énormément!
    Posté par fashion, 01 septembre 2008 à 16:35

    Il paraît qu' »American Darling » est très bien aussi. Banks mérite d’être découvert, de toute façon !
    Posté par canthilde, 03 septembre 2008 à 11:44

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