Skip to content

Intrigue à l’anglaise

27 septembre 2008

Ironie du sort pour Pénélope Breuil, fraîchement reçue au concours de conservateur du patrimoine, qui se voit nommée au musée de Bayeux, recélant la célèbre « Telle du Conquest ». Tapisserie, Pénélope… les plaisanteries vont bon train. Et ce, alors qu’elle ne rêve que des antiquités égyptiennes au Louvres !

Tandis que Pénélope essaie de s’adapter à son nouveau poste, des événements étranges ont lieu. La princesse Diana meurt (le roman commence en août 1997), la directrice du musée de Bayeux est victime d’une terrible agression. Avec son petit ami Wandrille, Pénélope commence à soupçonner que tout est lié à la fameuse tapisserie, dont il existerait plusieurs fins, âprement recherchées par les héritiers du trône d’Angleterre.

D’une lecture rapide et agréable, ce livre s’attache aux hypothèses les plus loufoques autour de la tapisserie de Bayeux, avec un supplément de culture qui les rend presque crédibles. L’auteur s’amuse avec ses personnages, les mettant dans des positions inconfortables, tout en laissant entendre que rien de grave ne pourra leur arriver. On peut regretter certains parti-pris chez lui, par exemple le fait de considérer la préparation d’un concours comme altérant irrémédiablement le cerveau, ou le portrait caricatural de Solange Fulgence, la directrice, forcément une vieille fille sans humour prompte à s’exalter pour les théories les plus fumeuses…

On passe cependant un bon moment avec Pénélope et Wandrille, snobinards parisiens qui font de faibles efforts pour s’intégrer en province, tout en se lançant des répliques vachardes à chaque page. Les parties historiques sont assez touffues mais n’entravent en rien le plaisir de la lecture.

La Tapisserie a été faite de manière simple. Cinq couleurs principales vont lui être nécessaires : un rouge un peu brique, qu’il a encore tout à fait en tête, un bleu-vert genre canard laqué, un vert d’eau bien délavé, un ocre jaune et un bleu-gris. Il a aussi besoin d’un vert plus foncé, un jaune d’or très pâli et un bleu marine presque noir, utilisé notamment pour certains chevaux. La mercière avait tout ça. Elle souriait.
Les couleurs de la Tapisserie n’ont rien de réaliste : on peut y voir, avant Gauguin, un cheval bleu ou un cheval rouge, un cheval ocre dont les jambes, qui se trouvent au second plan, apparaissent bleu foncé, suggérant une sorte d’effet de perspective assez intelligent. Ou, à l’inverse, un cheval bleu nuit, monté par le duc, avec deux jambes sur quatre représentées en marron clair, et des sabots verts et rouges. Ces détails, pour les voir, pour bien les comprendre, il faut avoir envie de broder et se retrouver devant une mercière. [p. 139-140]

Adrien Goetz, Intrigue à l’anglaise,
Editions Grasset & Fasquelle, 2007, 330 pages.

Publicités
One Comment leave one →
  1. 19 août 2011 12:22

    Je note!! Ca a l’air plutôt sympathique!
    Posté par chiffonnette, 27 septembre 2008 à 19:53

    Je note aussi. Tout pour me plaire;
    Posté par Isil, 27 septembre 2008 à 22:39

    J’ai lu plusieurs billets (certains positifs, d’autres moins) sur ce livre… mais le thème me fait envie, bien entendu!!!
    Posté par Karine :), 28 septembre 2008 à 19:09

    Chiffonnette : Tout à fait ! C’est frais et léger, pas prise de tête.

    Isil : Tant mieux, j’espère qu’il te plaira.

    Karine : Je n’ai lu que des critiques très positives, presque trop (c’est avant tout un roman de divertissement, pas un chef d’oeuvre), il faudrait que je cherche les avis plus nuancés.
    Posté par canthilde, 29 septembre 2008 à 19:19

    Un excellent souvenir de lecture!
    Posté par katell, 09 octobre 2008 à 19:52

    J’adore ta nouvelle bannière!!
    Posté par katell, 09 octobre 2008 à 19:52

    Merci beaucoup Katell ! Une petite remise à neuf ne fait pas de mal à un blog de temps en temps (cela dit, je n’ai pas encore touché à mon blog « my life »…). C’est vrai que ce livre laisse un bon souvenir, c’est un bon moment de détente sans prétention.
    Posté par canthilde, 10 octobre 2008 à 12:30

    Je suis une de celles (rares) qui avaient été déçues par ce roman… Malgré l’excellente idée de départ, l’intrigue m’avait laissée une impression de fouillis.

    Si tu aimes ce genre, je te recommande Le Tableau du Maître flamand d’Arturo-Perez-Reverte!
    Posté par Grominou, 22 octobre 2008 à 00:47

    Oui, j’ai vu que ton avis n’était pas enthousiaste et je peux comprendre que des hautes attentes peuvent être déçues par la légéreté de ce roman. Je le trouve aussi un peu fouillis, pas très sérieux, c’est surtout une lecture de divertissement. Et l’idée du « café cartomancie » n’était pas vraiment exploitée, alors que je m’attendais à un lien avec l’intrigue… Quant au Tableau du maître flamand, je l’ai déjà lu, il y a longtemps d’ailleurs.
    Posté par canthilde, 22 octobre 2008 à 13:08

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :