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Un cerveau plafonné

6 février 2009

Réflexion du jour (du mois) : le plafond de verre. Mon métier est parlant à cet égard : féminisé à 90% (bon, je n’ai pas les chiffres là tout de suite, mais l’idée est là), on ne rencontre pourtant en haut de la hiérarchie que des vieux croûtons en costards, l’air assez contents d’eux-mêmes.

Ce qu’on désigne par l’expression « plafond de verre », ce n’est pas forcément une tactique délibérée pour exclure les femmes des postes à responsabilité. Les choses sont tellement plus retorses que ça ! Entre deux postes, les femmes elles-mêmes ne vont pas forcément préférer le plus haut placé. Elles n’oseront pas candidater, craidront le caractère trop gestionnaire des fonctions de direction, se réfugieront derrière leur « amour du métier », davantage au contact de l’usine elle-même que les bureaux de la direction… J’en sais quelque chose, c’est le choix que j’ai fait.

J’aurais pu être Serpentarde. En théorie. Rien ne dit que j’aurais été prise. Déjà que je suis devenue Serdaigle de justesse… A parcourir les dossiers, je n’imaginais pas un instant être crédible en tant que Serpentarde. La seule pensée des entretiens de recrutement me terrifiait. J’en connaissais la teneur, je savais que je n’avais pas le niveau. Pourtant, ces deux catégories recrutent au même niveau de diplôme, on pourrait penser que les chances de rentrer à l’une ou l’autre sont assez proches. D’autant que, statistiquement, il y a beaucoup plus de Serpentards que de Serdaigles en France.

Les formateurs nous ont confié à quel point notre promotion représentait un cas caricatural. Les hommes y sont en proportion ridicule, alors qu’ils constituent plus de la moitié de celle des Serpentards. Nous sommes la représentation vivante du plafond de verre. Les choses se sont faites sans violence, en apparence, et pourtant le résultat est sans appel. Tout ça me rappelle les cohortes massives de jeunes filles en fleurs s’inscrivant en sciences humaines après leur bac. Six, sept ans plus tard, au niveau doctorat, ne traînent plus dans les couloirs que quelques petits péteux arrivistes. Les jeunes femmes n’ont pas été attirées par la carrière universitaire ; les jeux académiques leur ont semblé ridicules, assez infantiles pour tout dire, ou bien le niveau exigé leur a semblé insurmontable. La lecture des thèses de certains jeunes chercheurs aux dents longues est pourtant fort distrayante, ou déprimante, si l’on songe aux nombres d’années de formation de ces tâcherons de l’université. Là aussi, c’est le choix que j’ai fait.

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One Comment leave one →
  1. 3 juillet 2011 19:47

    Moi je me contenterai volontiers de mon statut de Gryffondor arraché avec les dents, que je sors bien peu souvent. Mais même ça c’est trop demander apparemment…

    En tout cas, je crois qu’il n’y a pas à regretter que sur ce point les femmes soient un peu moins connes que les mecs. Par ailleurs, dans la section de Poudlard que je fréquente, il y a bien plus de serpentards femelles que de mâles. Certes le serpentard en chef est un homme mais a succédé à une femme. Je n’ai pas remarqué de différences sur l’emploi de Poufsouffles précaires, parfois employés comme Gryffondors non reconnus, ton serviteur pouvant en témoigner, d’autant plus qu’il en la statut officiel à Poudlard 2.
    Nicks

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