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Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

26 avril 2009

Lettre L du Challenge ABC 2009

L’unique  roman d’Harper Lee, ayant connu un succès phénoménal, m’a semblé parfaitement soporifique. Je ne l’aurais probablement pas terminé si métros et tramways avaient toujours été à l’heure… Pour lui rendre justice, disons qu’il met en scène de jeunes enfants et que de tels personnages me laissent froide. Mais je le conseillerais sans hésiter à des 10-12 ans, comme base de réflexion sur le racisme et l’injustice dans le monde.

La narratrice est Scout, une petite fille aventureuse, élevée par son père, Atticus, dont l’entourage se résume à son frère aîné Jem, leur nourrice Calpurnia et leur ami de vacances, Dill. La majeure partie du livre constitue un roman initiatique, dans une petite ville de l’Alabama. Elle nous raconte par le menu leurs jeux, escapades et conjectures passionnées sur Boo Radley, leur mystérieux voisin qui n’a jamais mis les pieds dehors.

Le problème de mes vêtements rendait tante Alexandra fanatique. Je ne pourrais jamais être une dame si je portais des pantalons ; quand j’objectai que je ne pourrais rien faire en robe, elle répliqua que je n’étais pas censée faire des choses nécessitant un pantalon. La conception qu’avait tante Alexandra de mon maintien impliquait que je joue avec des fourneaux miniatures, des services à thé de poupées, que je porte le collier qu’elle m’avait offert à ma naissance – auquel on ajoutait peu à peu des perles ; il fallait en outre que je sois le rayon de soleil qui éclairait la vie solitaire de mon père. Je fis valoir qu’on pouvait aussi être un rayon de soleil en pantalon, mais Tatie affirma qu’il fallait se comporter en rayon de soleil, or, malgré mon bon fond, je me conduisais de plus en plus mal d’année en année. [p. 130-131]

Le coeur du roman porte néammoins sur le procès de Tom Robinson, un noir accusé du viol d’une jeune femme blanche, dont Atticus est l’avocat. Mais que de longueurs, de circonvolutions et de leçons de morale pour en arriver au message porté par ce livre ! La fraîcheur de ton de Scout m’a bientôt semblé forcée, d’autant qu’il me fallait supporter son horrible petit péteux de grand frère qu’elle idolâtre ! Etant acquise aux idées défendues ici, j’ai trouvé la démonstration plutôt lourde. Reste de personnage de Boo Radley, sur lequel j’aurais aimé en apprendre davantage.

Harper Lee, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Editions
de Fallois, 2005, 434 p. (To Kill a Mockingbird, 1960).

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4 commentaires leave one →
  1. 24 août 2011 10:35

    Tiens, voilà un avis qui détonne. Bon, ça ne m’empêche pas de vouloir le lire et les personnages enfants ne me dérangent pas à priori.
    Posté par Isil, 26 avril 2009 à 15:25

    J’ai prévu de le lire un jour. Ton avis m’inquiète, j’ai peur d’être dans la même situation que toi.
    Posté par Lilly, 26 avril 2009 à 18:33

    Je viens juste de le lire. Seule la première partie (les histoires de gamins) m’a paru longuette. Ensuite, avec le procès, c’est passionnant.
    Dans la foulée j’ai pu voir le DVD du film qui en a été tiré, il s’agit de Du silence et des ombres, avec Gregory Peck, et là l’intrigue est bien resserrée!
    Posté par keisha, 26 avril 2009 à 19:15

    Ah, un avis mitigé sur ce livre ? Pas encore lu, mais noté, cette histoire de procès m’intéresse !
    Posté par freude, 27 avril 2009 à 10:35

    J’ai commencé ce roman ( que j’avais sélectionné dans Blogo-trésor) et je l’ai lâché, précisément à cause de ces personnages d’enfant ; leur langage sonne faux à mes oreilles de lectrice. Je n’y crois pas une seconde…! Pourtant je n’ai rien contre les personnages d’enfants, mais c’est très difficile de les faire parler juste.
    Du coup je n’ai rien su du procès. Je suis bien aise de n’être pas la seule à avoir des difficultés avec ce texte.
    Posté par dominique, 27 avril 2009 à 15:32

    Je l’ai vraiment aimé, pour ma part… bon, ma lecture remonte à il y a plusieurs années mais les personnages d’enfants, j’aime bien habituellement!
    Posté par Karine :), 03 mai 2009 à 02:17

    Je l’ai dans ma PAL depuis un bout de temps… j’avais déjà vu quelques avis réservés. On verra bien, c’est tout de même un classique des lettres américaines alors j’ai quand même envie de le découvrir
    Posté par Lou, 05 mai 2009 à 22:46
    Un monde d’enfants ?

    Mis à part les jeux d’enfants, ce livre n’a rien d’un roman destiné aux enfants comme le dit Canthilde. Dire que ce livre est destiné à des enfants de 10-12 ans me surprend fort. Que peuvent-ils y entendre ? Comprendront-ils le monde des adultes que peint ce livre ? Retiendront-ils quelque chose de l’aspect éducatif qui s’y peint ?
    Je crois qu’il est bon de continuer à suivre les enfants avec notre âme d’enfant afin de bien les comprendre. C’est vrai que peu de personnes jouent aujourd’hui comme les enfants le font dans le roman. Il faut retenir que dans ce livre le jeu des enfants côtoie celui moins gai des adultes qu’ils ne comprennent pas mais que leurs aventures révèlent au lecteur. Et si le lecteur se perd dans leurs jeux au point de perdre la réalité des faits de société, je pense qu’il ne faut pas accuser l’auteur d’avoir manqué son but.
    Pour ma part, j’ai trouvé ce roman charmant et instructif à la fois. Ceux qui hésitent à le lire devraient tenter l’aventure afin de former leur propre jugement.
    Posté par St-Ralph, 02 juin 2009 à 21:57

    St-Ralph : « Je crois qu’il est bon de continuer à suivre les enfants avec notre âme d’enfant afin de bien les comprendre. » : Et c’est quoi une âme d’enfant, au juste ? Ce livre, malgré ses défauts, ne cherche pas à les dépeindre comme des petits angelots. C’est justement parce que je ne m’esbaudis pas devant les enfants en général que je pense que ce livre leur est accessible et peut les faire réfléchir, sans les traumatiser.
    Posté par canthilde, 04 juin 2009 à 21:06
    Une âme d’enfant…

    Canthilde, quand je dis qu’il faut suivre les enfants avec notre âme d’enfant, cela veut tout simplement dire qu’il ne nous faut pas perdre de vue le fait que nous avons été enfants quand nous les regardons ou parlons d’eux.
    Dans ce livre, les enfants ne sont certes pas des angelots mais ils ne sont pas des criminels non plus. Leurs bêtises sont celles de tous les enfants du monde. J’ai beaucoup ri pour ma part. Mais l’essentiel de l’histoire du roman me semble être ailleurs.
    Posté par St-Ralph, 12 juin 2009 à 13:57

    J’ai adoré ce roman plein de charme. Il traite tout à la fois du racisme et de l’enfance. il met un peu de temps à se mettre en route, mais il a une dimension universelle et envoûtante. Un grand roman.
    Posté par Nicolas, 03 juillet 2009 à 17:43

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