Skip to content

Les Nuits vénéneuses

28 août 2009

Ayant à peine digéré le tome 1 de Féerie pour les ténèbres et son déluge de moignons en tous genres, je me suis armée de courage pour attaquer le deuxième.

Le sort de certains personnages m’inquiétait beaucoup. J’avais quitté Malgasta aux fourneaux avec Orbarin Oraprim, roi charcutier amateur, Estrec métamorphosé en antenne parabolique vivante, Jobelot le barde rimeur réduit à l’état de loque bavante. Seules Grenotte et Gourgou avaient su tirer leur épingle du jeu, mais il faut dire que ces enfants sont plus féroces que tous les membres acérés d’un fraselé réunis.

Avec ce deuxième tome, on retrouve le thème de la quête cher à la fantasy. Voyage houleux à bord d’un navire rouillé sur la mer Hibondière pour Malgasta, qui se trouve un amant au charme pour le moins piquant. Voyage pétaradant pour Ostre, Quiebroch et Malvolu le fraselé, qui tranche les jambes plus vite que son ombre, à bord d’un véhicule bidouillé avec amour et alimenté au lisier de porc par un mécanicien du palais royal. Direction : les Brohls, une région très verte et très mortelle, dans le style gluant dégoulinant. L’imagination de l’auteur n’a pas de bornes dans l’horreur et certains personnages connaissent un sort atroce. Aucun détail sanglant ou purulent ne nous est épargné ; la digestion de la zigaigne, notamment, bénéficie d’une précision graphique tout à fait préjudiciable à la tranquilité d’esprit de la lectrice !

L’intrigue s’étoffe avec l’arrivée de l’inquisition, le débat illusion/réalité. Le gros bémol que je mettrais, cependant, tient à l’introduction d’éléments de la seconde guerre mondiale. J’en ai marre de l’obsession des écrivains français autour cette période, tout comme de la manie des auteurs de fantasy d’inclure à tout prix des éléments du monde réel. Alors là, les deux d’un coup, c’est trop, d’autant que l’auteur fait quelques amalgames douteux.

L’humour reste corrosif, les monstres sortent de l’ordinaire et l’amour, « cette saleté ! ce supplice ! », fait son apparition, pour le plus grand malheur des personnages qui en sont atteints, promesse de développements futurs, si tous ne finissent pas déchiquetés au détour d’un chapitre.

Jérôme Noirez, Les Nuit vénéneuses, Nestiveqnen, 2005, 345 pages.

La trilogie :

Féerie pour les ténèbres
Les Nuits vénéneuses
Le Carnaval des abîmes

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :