Skip to content

Le Joueur

7 octobre 2009
tags: ,

Roulettenboug, une petite ville d’eau allemande, dont le casino constitue le seul attrait. Le narrateur est précepteur au service d’un général, homme confus entouré d’une cour douteuse, qui ne lui trouve du charme que dans la mesure où sa riche vieille tante passe pour avoir un pied dans la tombe.

Bientôt, rien ne va plus. Tout ce petit monde perd la tête, qui pour le jeu, qui par amour. Le casino attire les personnes les plus sensées, confiantes en leurs qualités d’observation et leur tempérance pour réaliser un gain modeste, et les transforme en loques hagardes, dilapidant leur fortune en une nuit. L’apparition de la grand-mère va littéralement faire trembler les murs.

Encore un récit superbement maîtrisé sur la folie des passions humaines. Les personnages jouent leur vie sur un coup de tête. Le narrateur entretient une relation des plus ambiguës avec Pauline, une parente du général, qui le traite comme un chien, mais il court volontiers à sa perte. L’action s’accélère en de multiples petits scènes absurdes qui n’en ont pas moins des conséquences dramatiques sur la santé mentale des personnages. J’ai terminé le livre à bout de souffle, complètement dégoûtée.

– Sur quoi fondez-vous votre opinion ? me demanda le Français.
– Sur ce fait qu’au cours de l’histoire la faculté d’acquérir des capitaux est entrée dans le catéchisme des vertus et des mérites de l’homme occidental civilisé ; peut-être même en est-elle devenue l’article principal. Tandis que le Russe non seulement est incapable d’acquérir des capitaux, mais les gaspille à tort et à travers, sans le moindre sens des convenances. Quoi qu’il en soit, nous autres Russes avons aussi besoin d’argent, ajoutai-je ; en conséquence, nous sommes avides de procédés tels que la roulette, où l’on peut faire fortune seulement en deux heures, sans travailler. Cela nous ravit ; et comme nous jouont à tort et à travers, sans nous donner de mal, nous perdons ! [p. 54]

Fédor Dostoïevski, Le Joueur, « Le livre de poche »,
1958, 256 p. [première édition en 1866].

Publicités
One Comment leave one →
  1. 23 août 2011 09:19

    Tu es dans une vraie lignée de Dostoïevski! Je me rappelle avoir lu ce livre adolescente mais je n’en ai malheureusement aucun souvenir… à réessayer, donc.
    Posté par Karine:), 10 octobre 2009 à 16:09

    Oui, je suis dans ma grande période Dostoïevski ! J’avais dit après les Frères Kamamazov que j’avais besoin d’une pause mais c’est plus fort que moi, je les enchaîne. Les derniers que j’ai lus sont assez courts, cela dit. Je découvre l’ampleur de son oeuvre, que je croyais avant limitée aux gros romans. J’ai déjà lu Crime et châtiment, les Démons, l’Idiot et je m’aperçois qu’il y a encore de quoi faire. Tant mieux !
    Posté par canthilde, 11 octobre 2009 à 13:28

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :