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La Renarde du désert

19 octobre 2009

Lettre X du Challenge ABC 2009

Première entourloupe pour mon challenge ! Double entourloupe, devrais-je dire, puisque non contente de changer de livre pour la lettre X en cours de route, un comportement tout à fait contraire à mon éthique, je profite une fois de plus de la confusion autour des noms asiatiques pour lire, en fait, un G. C’est inqualifiable.

Il faut dire que le Poisson globe ne m’a guère emballée lorsque je me suis mise en tête de l’ajouter à mes lectures du mois. J’ai préféré troquer la superficialité japonaise contre la profondeur du désert mongol. J’ai été servie, avec ces fables dépouillées et émouvantes.

Dans la première, un homme décide par tempérament de s’établir aux abords du désert de Gobi, dont le sable grignote peu à peu les terres fertiles. Une courte union le fait hériter d’une fille vigoureuse ; les deux cohabitent en pensant parfois au vaste monde. Lorsque celui-ci se rappelle à eux, c’est pour menacer leur seule richesse, une renarde au pelage flamboyant, bien décidée à survivre dans cet environnement hostile, pour laquelle le père éprouve une véritable fascination. Même attirance dans la deuxième nouvelle, « Les Loups du désert », qui brode de manière intelligente sur un thème littéraire bien connu. Une belle réflexion sur l’animalité présente en chaque être humain, qui réflète bien ce que je cherchais à travers le thème de ce challenge.

Plus tard, Lao Sha se promenait entre les dunes, fusil à l’épaule, lorsqu’il tomba sur la piste d’un animal. L’ayant suivie, il découvrit sous un tas de ronce une fourrure flamboyante : c’était un renardeau. Il boitait, apparemment blessé par quelque grosse bête ; le malheureux avait dû trouver refuge dans le grand désert pour guérir. A son approche, l’animal se mit à glapir. Lao Sha le mit en joue, par instinct, mais renonça tout de suite à son geste : le renardeau tenait dans son museau un rat. La révélation rapprocha d’un coup l’homme de l’animal qu’il avait en aversion. Heureux de la présence d’un allié compétent dans sa lutte pour la protection des plantes du désert, Lao Sha rebroussa doucement chemin, le coeur palpitant d’émotion. [p. 15]

Guo Xuebo, La Renarde du désert, Bleu de Chine,
2001, 122 p. [Sha hu Nong et Sha lang Nong, 1992].

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2 commentaires leave one →
  1. 19 août 2011 12:18

    Ca me fait plaisir de voir enfin un article sur ce livre tout à fait hors normes, captivant, poétique et magnifiquement écrit.
    Merci Canthilde !
    Posté par sybilline, 10 décembre 2009 à 21:54

    Je t’en prie ! J’ai aussi été sous le charme, d’autant que je pense de plus en plus aller en Mongolie un jour…
    Posté par canthilde, 13 décembre 2009 à 14:44

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  1. 2009 : sous le signe de la Bête « Urgonthe

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