Skip to content

The Longest Journey

24 octobre 2009

Curieux parcours de lecture avec cet excellent deuxième roman de Forster. Je l’ai emprunté trois fois en plusieurs mois, dont deux en anglais, avant d’en venir à bout ! Je ne m’explique pas cette lenteur, l’écriture de l’auteur m’ayant semblé tout aussi sublime que d’habitude…

A l’inverse de ses autres romans, montrant comment on peut parvenir à s’épanouir en se libérant des préjugés sociaux, celui-ci déroule froidement une existence qui sombre dans le conformisme, à travers un choix amoureux pourtant libre et heureux. C’est presque l’histoire de Maurice, sans la sincérité des deux jeunes hommes qui s’avouent leur attirance. Ici, l’un d’eux fuit l’ambiguïté homosexuelle dans le mariage et, s’il renoue avec son attirance première au fil de l’histoire, les choses ne seront jamais dites aussi clairement que dans le dernier roman de Forster.

Rickie est un étudiant exalté, laid et souffreteux. Il caresse l’ambition de devenir écrivain et s’épanche dans des nouvelles glorifiant la nature mystique. Il parvient à épouser une belle jeune femme, qui nourrit quelques espoirs sur sa future renommé littéraire. Mais, au fil du temps, l’ennui s’installe dans le couple, avec la politesse de bon ton, le mépris discret. Rickie, pour gagner sa vie comme tout le monde, devient professeur dans un pensionnat et abandonne l’écriture. S’imaginant avoir des « idées larges », le couple va être mortifié par la révélation d’un secret familial, qui fera apparaître leur petitesse et leur attachement aux convenances.

« I don’t hate Aunt Emily. Honestly. But certainly I don’t want to be near her or think about her. Don’t you think there are two great things in life that we ought to aim at — truth and kindness? Let’s have both if we can, but let’s be sure of having one or the other. My aunt gives up both for the sake of being funny. » [p. 122]

E.M. Forster, The Longest Journey, Penguin Books,
1989, 289 p. (première édition en 1907).

Advertisements
One Comment leave one →
  1. 24 août 2011 10:28

    Je vais définitivement lire Maurice… cet auteur me tente beaucoup et ce roman aussi!!!
    Posté par Karine:), 24 octobre 2009 à 18:17

    C’est le dernier roman de Forster que je n’ai pas lu, et là tu me donnes une envie terrible de m’y mettre !
    Posté par Lilly, 24 octobre 2009 à 18:58

    Karine : Maurice est un livre extraordinaire. Celui-ci aussi, bien qu’il laisse une impression beaucoup plus amère.

    Lilly : Un seul Forster t’a échappé et tu résistes encore ? Moi, la seule chose qui me retient de ne pas tout lire, c’est le plaisir de découvrir ses textes fabuleux pour la première fois. Mais d’ici un an, à mon avis, son oeuvre n’aura plus de secret pour moi ! Après, il reste les nouvelles, bien sûr.
    Posté par canthilde, 25 octobre 2009 à 19:48

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :