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Dessine-moi un coq

27 décembre 2009

Lettre Z du Challenge ABC 2009

Sept nouvelles d’une autrice afghane, écrites entre 1978 et 2002, dont certaines sont inspirées de contes persans.

On y voit des femmes trop humbles essayer d’inculquer quelques rudiments d’éducation à leurs enfants malgré la pauvreté et l’étroitesse d’esprit environnantes. A Kaboul, l’intégrisme religieux surgit avec violence dans la vie des enfants insouciants, pour leur rappeler l’ordre des choses. Les femmes, prisonnières du regard des autres, sont obligées de s’envelopper de leur voile et de faire profil bas. Les garçons apprennent très tôt à mépriser les femmes et à leur parler comme des chiens.

Difficile de trouver une lueur d’espoir dans ces textes pessimistes, quand l’égoïsme et la cruauté transparaissent en germes dans les propos de charmants enfants. On lit avec désolation ces petites histoires empreintes de sensibilité, d’étincelles de vie éphémères.

J’entendis les pas de ma fille qui venait, surexcitée, vers la cuisine. Elle entra et cria presque : « Fermes les yeux !Le coq est là ! » Je restai sans bouger, les mains sales, et fermai les yeux quand retentit à nouveau sa voix délicieuse : « Tu peux les rouvrir ! » Le coeur battant, je relevai lentement les paupières. Et je vis quelque chose d’incroyable. Avec un talent de peintre inattendu pour son âge, elle avait dessiné un coq si beau que j’en restai bouche bée. Les ailes étaient entrouvertes, la tête tournée vers le ciel et coiffée d’une crête rouge aux pointes bien régulières. Elle avait peint les ailes en bleu et en rouge : bleu foncé, bleu clair ; rouge foncé, rouge, rouge clair ; et elle avait mélangé le bleu et le rouge pour faire du violet foncé, du violet et du violet plus clair. [p. 14]

Spôjmaï Zariâb, Dessine-moi un coq, Ed. de l’Aube, 2003.

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One Comment leave one →
  1. 17 août 2011 10:39

    Soumission réelle ou simples signes extérieurs de soumission? Apparemment cette mère de l’extrait n’a perdu ni son âme ni sa faculté de s’émerveiller…
    Me conseille-tu ce livre?
    Posté par sybilline, 13 février 2010 à 19:45

    Oui, je le conseille fortement, même si certaines nouvelles m’ont plongée dans une rage froide. On voit les femmes contraintes de se dissimuler dans leurs voiles et dans leurs paroles. Les enfants décrites sont encore gaies et imaginatives, mais pour combien de temps, avec le dressage au rôle de femme qui va leur tomber dessus ?
    Posté par canthilde, 14 février 2010 à 19:21

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