Skip to content

Le Singe et le tigre

30 décembre 2009
tags:

Lettre G du Challenge ABC 2009

C’est avec ces deux affaires épineuses que j’ai fait la connaissance du Juge Ti, à la perspicacité légendaire, un personnage inspiré d’un magistrat ayant réellement existé dans la Chine ancienne.

Dans Le Matin du singe, il n’a pour seul indice suivant un meurtre qu’une belle bague dérobée par un gibbon curieux. La piste est plutôt mince pour découvrir l’identité d’un cadavre retrouvé dans une cabane au milieu de la forêt. Il faudra toute la sagacité de l’assistant du magistrat, Tao Gan, pour retrouver les différentes personnes mêlées à cette affaire, puis les faire parler.

Un nouveau bruissement, un autre gibbon. Il se déplaçait lentement, s’aidant d’un seul bras et de son pied prenant. Il tenait un petit objet dans la main gauche. Le gibbon s’arrêta devant la terrasse et, perché sur une branche basse, regarda le juge Ti d’un air curieux, posant sur lui des yeux bruns et ronds. Le magistrat distinguait à présent ce que l’animal cachait dans la main : une bague en or, ornée d’une grosse pierre verte chatoyante. Il savait que les gibbons adoraient voler les objets de petite taille qui leur plaisaient ; leur intérêt d’ailleurs était de courte durée, surtout s’ils s’apercevaient qu’il ne s’agissait de rien de comestible. Si le juge ne parvenait pas à lui faire lâcher la bague immédiatement, le singe la jetterait n’importe où dans la forêt, et son propriétaire ne la reverrait jamais. [p. 14]

Autre ambiance pour La Nuit du tigre, où le Juge Ti est surpris par une inondation en allant prendre ses nouvelles fonctions. La région qu’il traverse est infestée de bandits sans scrupules, les tigres volants. Lorsqu’il trouve refuge dans une maison fortifiée, le juge est confronté à un huis clos familial oppressant, qui lui vaut même la visite d’un fantôme…

Une découverte sympa, même si, comme la plupart des polars historiques, le livre vaut plus pour le dépaysement que pour la complexité de l’intrigue policière. Pour sa série de romans ayant le Juge Ti pour héros, l’auteur s’était inspiré de textes chinois en les occidentalisant, c’est-à-dire en enlevant un bon paquet de personnages et d’intrigues secondaires. Le Juge Ti m’a semblé un personnage intéressant, fin psychologue, fine lame, musicien à ses heures perdues. Ce roman est cependant un peu court pour en apprécier pelinement la personnalité.

Robert Van Gulik, Le Singe et le tigre, Union Générale
d’Editions, « 10/18 », 1986, 177 p. [The Monkey and the Tiger].

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :