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La Reine dans le palais des courants d’air

15 février 2010
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Les premières pages du tome final de la trilogie Millénium m’ont furieusement rappelée cette note du blog dessiné de Marion Montaigne, sur les conséquences des blessures par balles au cinéma. Avec Stieg Larsson, c’est comme au cinéma, avec découpage syncopé, scènes de castagnes et… gros procès à la fin.

Le livre est pourtant long à démarrer. J’ai regretté que la fin du tome 2 soit aussi « fermée » ; s’arrêter quelques pages plus tôt aurait rendu le début du 3 haletant. J’ai été moyennement intéressée par les méandres des services d’espionnage et j’ai regretté que l’intrigue vire au complot national, regrettant les plaisirs simples des débuts, éprouvés face aux talents de hacker de Lisbeth.

On apprécie une fois de plus l’absence totale de voyeurisme sur des sujets aussi sensibles que la pédophilie ou le harcèlement sexuel, sans aucune complaisance pour les agresseurs, aucune tentative malsaine de « compréhension » de leurs actes. Il est vrai que le petit aperçu de la personnalité inquiétante de Teleborian en reste frustrant, mais mieux vaut ne pas trop fouiller…

J’ai du me forcer pour m’apitoyer sur  Erika Berger, ou même pour m’attacher à Rosa Figuerola, deux vraies amazones comme les aime l’auteur. Lisbeth apparaît moins au premier plan alors qu’elle fait encore quasiment tout le boulot, même clouée au lit.

Le livre est hanté par la maladie et les infirmités de la vieillesse, ce qui résonne lugubrement avec la mort de l’auteur lui-même, peu de temps après avoir déposé son manuscrit chez un éditeur.

Mourir sur son lieu de travail n’est pas habituel – c’est même assez rare. Il est de bon ton de se retirer pour mourir. Disparaître à la retraite ou dans le système de santé et soudain un jour être l’objet des conversations à la cafétéria de l’entreprise. « Au fait, t’as entendu que le vieux Karlsson est mort vendredi ? Oui, c’est le cœur. Le syndicat a décidé d’envoyer une couronne pour l’enterrement. » Mourir sur son lieu de travail et devant les yeux des collègues est autrement plus dérangeant. [p. 211]

Alors, polar de la décennie ? Je l’ai lu avec intérêt, tout en faisant la grimace devant la traduction lamentable. L’histoire est efficace mais les bons polars ne manquent pas. Celui-ci sait jouer avec des thèmes modernes, comme le piratage informatique, tout en offrant des personnages beaux, branchés et sexuellement libérés. L’écriture a l’air programmée pour le cinéma et je doute que l’adaptation apporte quelque chose en plus. A part des gros sous, évidemment.

Stieg Larsson, La Reine dans le palais des courants d’air,
Actes Sud, 2007, 711 p. [Luftslottet som sprängdes].

Trilogie « Millénium » :
Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes
La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette
La Reine dans le palais des courants d’air

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