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Une passion précoce

12 mars 2010

Il faut dire à la vérité qu’Orlando, depuis fort longtemps, souffrait du mal d’écrire. Jamais enfant ne mit à mendier des bonbons ou des pommes l’insistance qu’Orlando avait mise à réclamer du papier ou de l’encre. Il fuyait la conversation et les jeux pour aller se blottir, un encrier de corne dans une main, une plume dans l’autre, et sur son genou un rouleau de papier, derrière les rideaux, au fond des oratoires secrets ou dans la penderie (attenante à la chambre de sa mère) qui avait un grand trou dans le plancher et une horrible odeur de fiente d’étourneau.

Virginia Woolf, Orlando

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