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L’Homme au balcon

28 mars 2010
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En ce début de juin 1967, c’est la canicule à Stockholm. La police  se retrouve confrontée à plusieurs meurtres de petites filles, avec une forte probabilité que le maniaque continue à sévir à peu de temps d’intervalle. Nous retrouvons Martin Beck trois ans après Roseanna, complètement déboussolé par cette nouvelle horrible histoire.

L’ambiance est étrange. Les policiers se meuvent dans une ville désertée par les familles les plus fortunées le week-end, croisant des enfants qui forment une population à part, affairée à ses jeux, totalement inconsciente du climat dramatique. La sèche retranscription de l’interrogatoire d’une gamine ayant croisé un exhibitionniste, en trouvant la mésaventure très drôle, fait froid dans le dos, surtout lorsqu’on sait que les policiers écoutent l’enregistrement d’une des victimes du tueur, morte peu après.

Aucun moyen scientifique n’est utilisé pour résoudre l’enquête, seulement la déduction, l’épluchage fastidieux de sources douteuses et, surtout, le hasard, ce qui change des longues descriptions d’autopsies horrifiques dans la plupart des polars actuels. On apprécie le caractère profondément humain des policiers, dont certains ne se sont pas tout à fait remis de l’enquête décrite dans Roseanna. Il n’y a pas d’insistance malsaine sur les meurtres, ni d’analyse psychologique élaborée du meurtrier.

De Martin Beck, nouveau superintendant de la police, on apprend peu de choses, sinon que sa femme a envie de le mordre dès qu’elle le voit, ce qu’il évite le plus possible. L’écriture se fait comique dans les interactions entre policiers, qui ne peuvent pas se supporter et se taquinent continuellement. Kollbert et Larsson se retrouvent dans les situations les plus embarrassantes qui soient avec les témoins, tandis que l’enquête avance grâce à un témoin principal âgé de trois ans et un indice essentiel perdu dans les méandres du cerveau d’un flic bougon. Une perle du roman policier.

Il y a des moments et des situations que l’on aimerait pouvoir éviter à tout prix mais on est bien obligé d’y passer. La police doit probablement faire face à ce genre de situations plus souvent que le commun des mortels et, sans nul doute, certains policiers les connaissent plus fréquemment que leurs collègues.
Exemple d’une telle situation : interroger une dénommée Karin Carlsson moins de vingt-quatre heures après qu’elle eut appris que sa petite fille de huit ans était morte, étranglée par un sadique. Une femme seule qui, malgré les piqûres et les pilules, n’est pas encore remise du choc et est dans un tel état d’apathie qu’elle porte encore la même blouse de coton écru, les mêmes sandales qu’elle avait la veille quand un inspecteur corpulent qu’elle voyait pour la première fois et ne reverrait jamais plus avait sonné chez elle. Voilà ce que sont les moments qui précèdent immédiatement l’interrogatoire. (p. 49-50)

Maj Sjöwall et Per Wahlöö, L’Homme au balcon,
10/18, 1985, 254 p. [Mannen pa Balkongen, 1967].

Le Roman d’un crime :

  1. Roseanna
  2. L’homme qui partit en fumée
  3. L’homme au balcon
  4. Le policier qui rit
  5. La voiture de pompiers disparue
  6. Vingt-deux, v’là des frites
  7. L’abominable homme de Säffle
  8. La chambre close
  9. L’assassin de l’agent de police
  10. Les terroristes
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One Comment leave one →
  1. 19 août 2011 11:31

    Jai lu Roseanna, le premier de la série récemment, c’est vrai que c’est très bien, je vais tous les lire au fur et à mesure !
    Posté par freude, 08 avril 2010 à 18:31

    C’est ce que j’ai l’intention de faire. Les livres sont de mieux en mieux, il y a de l’humour, les personnages évoluent… Je conseille vraiment cette série aux amateurs de polars !
    Posté par canthilde, 11 avril 2010 à 09:54

    Décidément le polar suédois avant Mankell existe, et vaut le détour!
    Posté par Dominique, 14 mai 2010 à 11:27

    Je n’ai pas lu Mankell mais je finirai de toute façon cette série avant de lire le moindre polar.
    Posté par canthilde, 16 mai 2010 à 13:44

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