Skip to content

Le Policier qui rit

31 mars 2010
tags: ,

Stockholm en novembre est une ville particulièrement sinistre, ce qui n’a rien pour apaiser l’hypocondrie du superintendant Martin Beck. Tandis que l’hystérie de Noël commence à s’installer dans tous les esprits, les huit passagers d’un autobus à impériale, ainsi que le chauffeur, sont retrouvés abattus.

Une enquête rébarbative, contée avec l’humour habituel du couple d’écrivains, se met en place : vérification du passé des victimes, reconstitution d’itinéraire avec un témoin âgé et son chien paralysé du train arrière, tentative de faire parler l’unique rescapé, plongé dans le coma. La découverte de l’un de leurs collègues parmi les victimes assombrit l’enquête des policiers, qui se rendent compte qu’ils ont ignoré les risques pris par quelqu’un travaillant sur un dossier en solo.

Coup de théâtre, réorientation des investigations… Les derniers chapitres virent à la traque du meurtrier trop parfait, le genre à estimer que la vie de plusieurs inconnus ne pèse pas face à son confort personnel. On traverse des milieux interlopes guère reluisants, avec une critique de la société suédoise de la fin des années 60 : manifestations sévèrement réprimées, travailleurs immigrés dépendant de marchands de sommeil âpres au gain, délinquants minables, prostituées fatiguées. Les personnalités des policiers se précisent et aucun n’est totalement sympathique ni pourri. Des aperçus drolatiques de leur vie de famille constituent des pauses entre les phases saccadées de cette enquête laborieuse.

Une semaine s’était écoulée depuis la boucherie de Norra Stationsgatan. L’enquête en était toujours au même point et l’absence d’idées constructives se faisait sentir. L’habituel torrent de tuyaux inutiles fournis par le public avait lui-même commencé à se tarir.
La société de consommation et ses membres harassés avaient autre chose à penser. Bien qu’il y eût plus d’un mois à attendre avant Noël, l’orgie publicitaire avait déjà démarré et la frénésie d’achats se propageait, aussi rapide et impitoyable que la peste noire, dans les rues commerçantes décorées de guirlandes. L’épidémie balayait tout devant elle et il n’existait aucun moyen d’y échapper. Elle gagnait les maisons, les foyers, empoisonnant, écrasant tout et chacun sur son passage. Les enfants qui n’en pouvaient plus braillaient, les pères de famille s’endettaient jusqu’aux prochaines vacances, la colossale farce de la confiance légalisée réclamait partout ses victimes. Dans les hôpitaux, c’était la grande vague de l’infarctus du myocarde, de la dépression nerveuse et de la crise aiguë de l’ulcère à l’estomac. (p. 132)

Maj Sjöwall et Per Wahlöö, Le Policier qui rit,
10/18, 1985, 278 p. [Den Skrattande Polisen, 1968].

Le Roman d’un crime :

  1. Roseanna
  2. L’homme qui partit en fumée
  3. L’homme au balcon
  4. Le policier qui rit
  5. La voiture de pompiers disparue
  6. Vingt-deux, v’là des frites
  7. L’abominable homme de Säffle
  8. La chambre close
  9. L’assassin de l’agent de police
  10. Les terroristes
Publicités
One Comment leave one →
  1. 19 août 2011 11:31

    Ah ! Ce que je les aime ces polars du froid !
    Posté par Theoma, 07 avril 2010 à 22:59

    Je manque encore un peu d’expérience dans ce domaine mais c’est sûrement ma série préférée parmi les polars nordiques, loin devant Millenium en tout cas.
    Posté par canthilde, 05 mai 2010 à 23:48

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :