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La Voiture de pompiers disparue

27 avril 2010
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Tout commence par un incendie dramatique dans un immeuble miteux surveillé par un policier frigorifié. Gunwald Larsson, le bougon de service, parvient à sauver une bonne partie des habitants en un chapitre haletant. L’enquête qui suit réserve quelques surprises. Les policiers sont incapables de déterminer s’il s’agit d’un accident, d’un suicide ou d’un attentat meurtrier…

J’ai adoré :

– les portraits de personnages torchés en cinq lignes, absolument hilarants ;
– les mésaventures drôlatiques de Benny Skacke, enquêteur débutant, qui a encore beaucoup à apprendre de la vie ;
– la vision réaliste du métier de policier, où l’héroïsme n’est pas de mise ;
– le point de vue plutôt écolo, contemplatif et, dirions-nous aujourd’hui, en faveur de la décroissance.

Martin Beck n’avait nul besoin que l’on s’apitoie sur son sort. En tout cas pas parce qu’il était forcé de rester à Stockholm et de travailler en juillet. Au contraire. C’était l’époque qu’il préférait dans la capitale. Il s’efforçait de ne pas prendre ses vacances en cette saison car, malgré tout, il aimait sa cité natale, il aimait pouvoir aller et venir sans être bousculé, sans avoir à se dépêcher, sans avoir à redouter la tyrannie toujours plus despotique de la circulation. Sans être à moitié asphyxié par les gaz toxiques. Il aimait flâner dans les rues désertes du centre par un brûlant dimanche de juillet, déambuler le long des quais dans la doucheur du soir quand la brise s’imprègne d’une odeur de foin fraîchement coupé venue des prairies du Nalar, ou bien d’une odeur de mer et d’algues venue de l’archipel. (p. 281)

On en apprend un peu plus sur Martin Beck. Il se voit « comme un personnage timide et plutôt terne », à l’opposé de son père. Pour sa famille, le métier de policier est considéré comme une déchéance sociale ; il aurait pu faire mieux. Dans sa vie personnelle, aussi, il aurait pu faire mieux. Ce tome du « Roman d’un crime » verra ses pathétiques efforts  pour s’extirper d’une situation familiale pesante. Comme il est long à la détente et que le plus petit mensonge lui pèse, son divorce promet d’être interminable. J’aimerais tant le voir s’amuser un peu !

Maj Sjöwall et Per Wahlöö, La Voiture de pompiers disparue,
Ed. Payot & Rivages, 2009, 333 p. [Brandbilen som försvann, 1966].

Le Roman d’un crime :

  1. Roseanna
  2. L’homme qui partit en fumée
  3. L’homme au balcon
  4. Le policier qui rit
  5. La voiture de pompiers disparue
  6. Vingt-deux, v’là des frites
  7. L’abominable homme de Säffle
  8. La chambre close
  9. L’assassin de l’agent de police
  10. Les terroristes
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