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Manon Lescaut

24 novembre 2010
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Le  narrateur de cette histoire croise un convoi de prostituées sur le point d’être exilées en Guyane. Un jeune homme à la mine abattue les suit. Quelques années plus tard, il aura l’occasion de retrouver le chevalier des Grieux et d’entendre le récit complet de ses frasques.

Ses problèmes commencent lorsque son regard se pose pour la première fois sur la charmante Manon. Loin d’être une oie blanche, celle-ci se révèle très expérimentée, malgré son jeune âge. Le jeune homme en perd la tête, fuit toutes ses responsabilités et s’attire le courroux de sa famille. Sa passion néfaste, telle une drogue, le conduira à mentir, à voler, à se battre. Son amante volage ne fait que rire de ses sentiments exclusifs et ne perd pas une occasion de s’amuser de son côté. Dans ce récit, assez répétitif, le chevalier ne cesse de reproduire les mêmes erreurs et de s’en mordre les doigts. On finit par le trouver bien niais.

Le roman est trop court pour qu’on s’intéresse vraiment aux personnages. Le seul point de vue du chevalier ne permet pas de mettre le point de vue de Manon en valeur, puisqu’elle n’est qu’une idole pour lui, et non un véritable être humain ambivalent. La description de la topographie et des mœurs du Paris de l’époque constitue une curiosité en soi : on apprend par exemple que Chaillot est un petit village en pleine campagne, assez éloigné de Paris… qui ne devait donc pas être bien grande !

Cette lecture m’a laissée sur ma faim ; il y a avait des romans plus élaborés à la même époque. Pour lui rendre justice, il faut prendre en considération le fait que cette histoire n’est qu’un fragment d’une plus grande œuvre, les Mémoires et Aventures d’un homme de qualité.

Nous nous assîmes l’un près de l’autre. Je pris ses mains dans les miennes. Ah ! Manon, lui dis-je en la regardant d’un œil triste, je ne m’étais pas attendu à la noire trahison dont vous avez payé mon amour. Il vous était bien facile de tromper un cœur dont vous étiez la souveraine absolue, et qui mettait toute sa félicité à vous plaire et à vous obéir. Dites-moi maintenant si vous en avez trouvé d’aussi tendres et d’aussi soumis. Non, non, la Nature n’en fait guère de la même trempe que le mien. Dites-moi, du moins, si vous l’avez quelquefois regretté. Quel fond dois-je faire sur ce retour de bonté qui vous ramène aujourd’hui pour le consoler ? Je ne vois que trop que vous êtes plus charmante que jamais ; mais au nom de toutes les peines que j’ai souffertes pour vois, belle Manon, dites-moi si vous serez plus fidèle. (p. 125)

Abbé Prévost, Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut,
Librairie Générale Française, 2005, 313 p. (première édition en 1731).

DefiXVIIIe

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2 commentaires leave one →
  1. 16 juillet 2011 14:48

    J’ai beaucoup aimé ce roman! il était plutôt innovant pour son époque, voire déplacé. Mais quelque chose m’a laissée également sur ma faim : le point de vue de Manon. Comme avec « Madame Bovary », on n’a jamais le point de vue du personnage censé être le personnage principal. Ceci dit, « Manon Lescaut » est à placer dans une bibliothèque idéale!
    Posté par anaischartier, 02 janvier 2011 à 01:56

    Eh oui, Manon est l' »objet » de la passion et comme le héros est incapable de comprendre son honnêteté, il l’accuse de fourberie ! Elle veut juste être libre…
    Posté par canthilde, 08 janvier 2011 à 15:54

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  1. Défi XVIIIe « Urgonthe

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