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La Tour d’ivoire

30 janvier 2011

Grave erreur que de passer de Frank Herbert à Henry James ! Je n’aurais pu plus dissemblables que le style de l’auteur de Dune et celui de cette Tour d’ivoire, choisie dans le cadre du challenge de Cléanthe

Gray (Graham) Fielder est rappelé en Angleterre par son oncle mourant, supposé immensément riche. Il y retrouve Rosanna Gaw, plantureuse jeune femme, qu’il estime beaucoup, sur le point elle-même de perdre son vieux père, probablement millionnaire. Les deux vieillards se détestaient et l’un avait probablement provoqué la ruine partielle de l’autre. Voilà pour l’intrigue. Le reste ? Ben, c’est du Henry James, beaucoup d’impressions, de dialogues évasifs, de pensées à peine formulées. Ce roman m’a peu captivée, au point que j’ai été ravie, pour une fois, de constater, une fois arrivée à la page 248, qu’il était resté inachevé. Il constitue pourtant un document très intéressant pour les passionnées de James !

Le style de l’écrivain est plein de non-dits, de sous-entendus, de doutes sur ce qu’on a réellement lu. Dans ce roman, on croirait qu’il donne dans l’alambiqué pour le plaisir, avec des métaphores qui obscurcissent encore plus le propos. En plein dialogues, certaines réparties laissent perplexe. Au moment où l’on suit les pensées d’un personnage, on n’est plus sûre de savoir ce qu’il a en tête. En voici un merveilleux exemple :

Il ne pouvait pas avoir la pensée de ce dont elle déclarait devoir se garder ; mais il apparut tout de suite qu’elle ne s’était pas sottement égarée au point de la lui imputer. (p. 167)

Ce n’est pas clair pour vous ? Pour moi non plus ! Il faudrait déjà avoir une certitude sur la pensée en question…

Le roman n’est donc pas terminé. A partir de la page 251, on trouve les notes préparatoires de l’auteur. On y voit qu’il pouvait s’interroger trois pages durant sur les prénoms à donner à ses personnages, qu’il brodait sur leurs relations, construisait son intrigue de façon très claire avant d’en faire un roman obscur. C’est en cela qu’il peut captiver et s’insère parfaitement dans ce challenge, il donne un aperçu de la technique d’écriture d’Henry James.

Henry James, La Tour d’ivoire, Ed. Payot et
Rivages, 2001, 318 p. (The Ivory Tower, 1917).

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2 commentaires leave one →
  1. 24 août 2011 10:24

    J’aime beaucoup cet auteur (son Portrait of a lady, particulièrement …). Je note ce titre que je n’ai jamais lu..
    Posté par Céline, 31 janvier 2011 à 23:31

    Alors je ne sais pas si c’est celui qu’il faut lire en priorité, mais il est intéressant pour les notes de travail, à la fin. Sinon, bof bof.
    Posté par canthilde, 03 février 2011 à 22:13

Trackbacks

  1. Challenge Henry James « Urgonthe

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