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Gargantua

20 février 2011
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François Rabelais avait déjà écrit Pantagruel lorsqu’il rédige l’histoire de son père, le géant Gargantua. On considère pourtant que c’est son premier livre, pour respecter l’ordre chronologique. Humour, outrance, goinfrerie, mais aussi références philosophiques et débats théologiques imprègnent ce roman.

La naissance même de Gargantua est peu commune. Gargamelle accouche par l’oreille, les voies naturelles quelque peu encombrées par une indigestion de tripailles. A peine mis au monde, le nourrisson réclame à boire et use quelques milliers s de vaches à cette tâche. Ce qui le fait prénommer Gargantua, « que grand (gosier) tu as », par son père Grandgousier.

Malgré sa constitution proprement surhumaine, son enfance s’avère des plus banales. Un des chapitres les plus savoureux le fait expliquer quel est le meilleur torchecul dont il s’est servi, l’auteur s’amusant visiblement à inventer des énumérations loufoques.

Toujours se vautrait par terre, se salissait le nez, se barbouillait le visage, éculait ses souliers, bâillait souvent aux mouches et courait volontiers après les papillons, desquels son père tenait l’empire. Il pissait sur ses souliers, il chiait sur sa chemise, il se mouchait à ses manches, il morvait dans sa soupe, et patrouillait par tous lieux, et buvait en sa pantoufle, et se frottait ordinairement le ventre d’un panier. (p. 47)

Arrivé à l’adolescence, on s’avise que son éducation a été fort négligente et on l’envoie à Paris s’instruire et devenir un vrai clerc. Il se distingue en noyant la foule dans son urine et en volant les cloches de Notre Dame. Mais son éducation en fait bientôt un parfait gentilhomme, selon des principes éclairés, cultivant le corps et l’esprit. Grandgousier n’hésite donc pas à faire appel à lui lors de la guerre avec son voisin Picrochole. On a ici droit à une description burlesque des scènes de bataille par des termes médicaux très techniques (Rabelais était médecin). La fin du roman consiste en un curieux éloge de la liberté dans les monastères, qui n’a pas du beaucoup plaire à l’Église de l’époque.

Je suis ravie d’avoir découvert ce classique, en ayant apprécié les implications culturelles dans un essai passionnant. J’ai eu la bonne idée de lire ce roman dans une version modernisée, conservant la saveur du vieux Français tout en le rendant nettement plus compréhensible. Rabelais est un auteur truculent, dont les jeux littéraires ont inspiré nombre d’écrivains par la suite.

François Rabelais, Gargantua, 1534.

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