Skip to content

Valentine

28 février 2011
tags: ,

Voici un roman qu’on peut déjà qualifier de champêtre, dont l’action se situe dans le Berry, dans cette Vallée Noire chère à l’autrice. On y voit condamnées les prétentions sociales, l’artificialité de la noblesse, les sentiments frelatés au sein de mariages de convenances prestigieux.

Rien n’égale le repos de ces campagnes ignorées. Là n’ont pénétré ni le luxe, ni les arts, ni la manie savante des recherches, ni le monstre à cent bras qu’on appelle industrie. (p. 193)

Le jeune Bénédict est fiancé à sa cousine, Athénaïs. Il apparaît comme déjà gâté par plusieurs années d’études ; pas assez persévérant pour exercer un métier important, il ne se sent plus à sa place parmi les paysans qui le trouvent « bizarre », trop fier et trop exalté. Lorsqu’il rencontre la belle Valentine de Raimbault à une fête pastorale, il n’imagine pas une seconde pouvoir tomber amoureux d’elle, de condition si supérieure à la sienne. Pourtant, les circonstances vont les rapprocher. La sœur aînée de Valentine est une paria depuis qu’elle a honteusement fauté. Élevant son fils à Paris, elle vient se réfugier dans la ferme des parents d’Athénaïs, dans l’espoir d’apercevoir sa sœur avant son mariage avec Monsieur de Lansac. Bénédict  va favoriser leur rapprochement et de tendres sentiments vont éclore.

Le mariage doit pourtant se faire et Valentine n’ose se dérober à une cérémonie odieuse pour elle mais indispensable au prestige de sa famille. Les amoureux comprennent alors le sentiments qui les lie et versent dans la passion la plus violente qui soit, en craignant la faute toujours possible. C’est un amour idéal décrit ici, d’une chasteté très agaçante. Le sublime frôle parfois le ridicule. On aimerait un peu plus d’audace et moins de perfection.

Valentine était une bonne et douce nature ; le ciel s’était trompé en envoyant cette âme simple et sans ambition habiter les palais et respirer l’atmosphère des cours. Nulle n’était moins faite pour la vie d’apparat, pour les triomphes de la vanité. Ses plaisirs étaient, au contraire, tout modestes, tout intérieurs ; et plus on lui faisait un crime de s’y livrer, plus elle aspirait à cette simple existence qui lui semblait être la terre promise. Si elle désirait se marier, c’était afin d’avoir un ménage, des enfants, une vie retirée. Son cœur avait besoin d’affections immédiates, peu nombreuses, peu variées. A nulle femme la vertu ne semblait devoir être plus facile. (p. 251)

George Sand, Valentine, Romans 1830, Presses de
la Cité, 1991, p. 191-382 (première édition en 1832).

Advertisements
3 commentaires leave one →
  1. 23 août 2011 09:13

    J’aime beaucoup ce roman. J’aime les revendications qu’on y lit : la fille mère, la volonté d’émancipation de Valentine, l’aspect dramatique aussi ! même si, en effet Valentine est un peu trop parfaite, c’est pour cela que je préfère les héroïnes d’après 1850, elles sont approfondies, plus vivantes !
    Posté par George, 01 mars 2011 à 20:34

    Les jeunes filles pures et parfaites, c’était un peu la mode de l’époque aussi !
    En tout cas, je note sur ma LAL.
    Posté par Céline, 02 mars 2011 à 15:28

    George : Oui, une volonté d’émancipation mais encore bien timide ! Comme tu le disais dans ta note, les fruits de ces combats reviennent aux générations suivantes.

    Céline : Tu vas voir que celle-ci en tient une couche !
    Posté par canthilde, 05 mars 2011 à 18:11

    Après le compagnon du Tour de France, c’est le second roman dans l’ordre de mes préférences.
    Valentine, c’est à redécouvrir.
    Posté par clementine, 24 juin 2011 à 13:36

    Bien d’accord ! Valentine est bien aussi passionnée qu’Indiana.
    Posté par canthilde, 29 juin 2011 à 01:47

Trackbacks

  1. Challenge George Sand et nous « Urgonthe
  2. George Sand et Nous : Challenge ! «

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :