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Le Secrétaire intime

20 mars 2011
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Pauvrement vêtu, Louis de Saint-Julien marche sur la route de Lyon à Avignon lorsqu’il est remarqué par une superbe princesse italienne, qui décide de le prendre son son aile. Il devient aussitôt le secrétaire intime de Quintilia Cavalcanti, ébloui par le luxe déployé autour de lui. Mais au lieu de devenir l’amant d’une femme frivole, comme il s’y attendait, il se retrouve à débattre d’idées et à seconder la princesse dans ses travaux intellectuels.

Elle était occupée de mille projets ; elle voulait apporter de notables économies à son luxe, fonder un nouvel hôpital, réduire les richesses d’un chapitre religieux, écrire un traité sur l’économie politique, et mille autres choses encore. (p. 621)

Au moment où Saint-Julien tombe pour de bon amoureux, la princesse abandonne ses livres et se lance dans une vie de fêtes effrénée. Raillé par le page corrompu Galeotto, le jeune homme se demande à quel moment il a laissé passer sa chance. Il doit maintenant essayer de faire bonne figure au milieu d’une cour frivole, où les amusements les plus fantaisistes sont permis.

Le bal fut magnifique. Grâce à la plus bizarre et à la plus folle des inventions de la princesse, toute la cour représenta une immense collection de papillons et d’insectes. Des justaucorps bigarrés serraient la taille ; de grandes ailes d’étoffe, montées sur du laiton imperceptible, se déployaient derrière les épaules ou le long des flancs ; et l’on ne pouvait trop admirer l’exactitude des nuances, la forme des accidents, la coupe et l’attitude des ailes, et jusqu’à la physionomie de chaque insecte reproduite par la coiffure du personnage chargé de le représenter. Le bon abbé Scipione, métamorphosé en sauterelle, gambadait agréablement dans son mince vêtement de crêpe vert tendre. Le pimpant Lucioli, emprisonné dans une écaille bombée de satin marron, et le ventre couvert d’un gilet rayé de noir et de blanc, représentait admirablement un hanneton de la plus grosse espèce connue. La grande et mince marchesa Lucioli, ex-mistress White, était fort brillante sous un long corps de velours noir et de grandes ailes de taffetas jaune rayé de noir. Avec sa longue face pâle, les déchiquetures de ses ailes et sa démarche péniblement folâtre, on l’eût prise pour ce grand papillon nommé Podalyre, qui est si embarrassé de sa longue stature que les hirondelles dédaignent de le poursuivre et le laissent se débattre contre le vent, pèle-mêle avec les feuilles jaunies et dentelées du sycomore. (p. 628-629)

J’ai adoré le personnage de Quintilia, femme aux multiples facettes, à la fois intellectuelle, coquette et passionnée, qui cache un secret sous une apparente légéreté. Comme beaucoup d’héroïnes de George Sand, elle poursuit un idéal d’amitié entre les femmes et les hommes et est souvent déçue par le faible nombre de registres de relations permis par la société. Un roman court, léger en surface, qui étourdit pour mieux transmettre un message plus profond.

George Sand, Le Secrétaire intime, Romans 1830, Presses
de la Cité, 1991, p. 589-715 (première édition en 1834).

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3 commentaires leave one →
  1. 23 août 2011 09:11

    un des romans de Sand que je n’ai pas encore lu mais qui est dans ma bibliothèque sandienne, ton avis me donne envie
    je reprends ton lien merci pour ta participation !
    Posté par George, 28 mars 2011 à 08:13

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