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Sous le soleil de Créteil

3 avril 2011

fffcreteil

Quelle idée d’organiser un festival de cinéma à Créteil ! Pour s’y rendre, il faut traverser un immense centre commercial aseptisé, déboucher sur une dalle entourée de béton, avant de trouver la Maison des Arts de Créteil, bâtiment moderne posé à côté d’un petit lac presque plaisant. C’est ici que se tient chaque année le festival des films de femmes de Créteil, l’occasion de voir des films intéressants, sortant du circuit commercial traditionnel. Je suis allée à trois séances, donc trois courts métrages et trois longs métrages de fiction, à l’issues desquelles mon palmarès personnel ne fait aucun doute.

Dr Nazi

Adapté d’une nouvelle de Bukowski, ce court métrage de Joan Chemla reflète assez bien l’atmosphère de son œuvre. Le héros, jeune homme asocial, accablé de petites misères obsédantes, retourne souvent voir son médecin. Ce dernier ressemble à une vieille chose jaune fripée ; il révèle à son patient qu’il est un ancien nazi. Une relation burlesquement malsaine s’établit entre eux. Ce film aurait pu être parfait sans la voix off, par trop envahissante.

The Winter Boy

Ce court métrage de Rachel House nous plonge dans l’ambiance oppressante d’un grand aquarium où une femme recherche son jeune fils, parti se promener tout seul. Elle le retrouve dans un secteur non autorisé au public, fixant les pingouins. Le retour à la maison est tendu, on sent que le gamin est difficile, mutique et capricieux. Un événement surprenant va le faire sortir de sa coquille… J’ai trouvé ce film très bien tourné, sensible et drôle à la fin.

Chacun son goût

Sous la forme d’une animation, une jeune coréenne nous raconte ses tentatives infructueuses pour trouver un petit ami en France. C’est mignon, on sourit mais ça reste assez simpliste, caricatural. Hyun Hee Kang était présente lors de la projection mais n’a pas souhaité s’exprimer.

Break my Fall

Liza et Sally vivent ensemble. Elles jouent dans un groupe, ont les mêmes amis, se disputent souvent. Beaucoup de jalousie, de possessivité de part et d’autre… Des kilos de drogue… Le film reste imprégné d’un certain mal-être adolescent, le nombrilisme torturé des artistes n’arrange rien. Les personnages vomissent beaucoup. La musique est super bien. Un long métrage de Kanchi Wichmann.

Crossing the Mountain

Ce film de Rui Yang a laissé la salle perplexe, suffisamment pour qu’il ne reste que le quart du public de départ à la fin de la projection. Dans un style presque documentaire, on suit les allées et venues de quelques personnes, leur vie quotidienne dans un village ou la montagne proche. On devine une histoire autour de traditions anciennes, consistant à sacrifier régulièrement un homme pour assurer une bonne récolte. Mais les longues séquences répétitives ou quasi immobiles plongent dans une torpeur rendant toute réflexion difficile. Regarder un homme scier sa télévision en deux pendant cinq minutes est une expérience cinématographique déroutante. Peut-être que les Chinois sont en mesure d’apprécier ces scènes contemplatives ?

Characters

Le résumé de ce film coréen de Kwang-Ju Son m’avait attirée dès que j’avais pris connaissance du programme : une scénariste travaille avec un réalisateur qui ne réfléchit que par clichés. Elle tente d’apporter des idées un peu plus originales à leur projet de film. L’idée d’un travail sur les clichés m’intéressait beaucoup. Je tenais à voir ce film, même si je devais jongler avec mon emploi du temps pour faire différentes choses prévues ce soir-là.
Si l’origine du film est autobiographique, son traitement est assez expérimental. On se perd rapidement entre les personnages « réels » et les créations sans surprise résultant des séances de travail avec le réalisateur catactériel et nombriliste. J’ai aimé l’atmosphère, les belles images contemplatives, ce personnage de jeune femme dont l’intelligence déplaît aux hommes avec qui elle travaille. « Je ne sens pas votre féminité ! Commencez par vous marier, avant d’écrire un livre. La maternité vous rendra plus sensible », lui dit en substance un auteur qui semblait avoir apprécié son roman.

Très logiquement, mon palmarès est donc :

Pas franchement le choix du jury, mais je m’en serais doutée.

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One Comment leave one →
  1. 14 juillet 2011 21:33

    j’ai vu 2 « big words » et « Lou » et je n’ai pas tellement aimé en fait (je les ai vus dans un petit cinéma à Paris, une salle très sympa), en fait je crois que j’ai confondu « film de femme » et « film féministe », donc j’ai été un peu déçue, et ça m’a plutôt mise mal à l’aise. Sinon c’est bien que les femmes aient un lieu où montrer leur production, même si elles devraient pouvoir le faire partout, comme pour toute autre production d »‘ailleurs…
    Posté par Emelire, 13 mai 2011 à 13:48

    Salut Emelire ! En effet, le festival n’est pas féministe à la base, mais son public, les conférences qui ont lieu entre les projections le sont sans aucun doute ! Des films que j’ai vus, c’est surtout le cas de « Characters », où une femme qui essaie de créer de manière différente est jugée froide, intellectuelle. D’une certaine façon, le fait de promouvoir des œuvres féminines est un acte féministe, avec cette fâcheuse tendance à la mémoire sélective en faveur des hommes, qui ne date pas d’hier, comme en témoigne le blog d’Euterpe. Mais sinon c’est triste, comme tu le soulignes, que la diffusion ne puisse se faire partout.
    Posté par canthilde, 14 mai 2011 à 17:46

    oui tu as raison pour le public, tu fais bien de le souligner, c’est pour cela que j’irai (un jour…) et que je tenterai probablement d’y aller. (le fait est que perso je suis pas ciné du tout et j’aime pas rester assise à ‘regarder’, donc faut vraiment que j’ai du temps ou que tel film me soit +++ recommandé pour que j’aille le voir, ou y aller avec des féministes c’est sympa, ce pourquoi le ‘public’ féministe me motive ;o)
    Posté par emelire, 19 mai 2011 à 08:37

    Coucou Canthilde, je viens te transmettre un lien de réaction : signature + rassemblement (demain dimanche mais c’est à paris ;o) concernant le traitement de « l’affaire DSK » http://www.osezlefeminisme.fr/article/sexisme-ils-se-lachent-les-femmes-trinquent
    Posté par emelire, 21 mai 2011 à 14:07

    J’avais vu, je l’ai mis sur mon mur Facebook. Dimanche j’étais une grosse loque, pas moyen de sortir…
    Posté par canthilde, 27 mai 2011 à 23:03

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