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Les Trois Lunes de Tanjor

8 août 2011

C’est avec un léger doute que j’ai entamé le Peuple turquoise, premier tome de cette trilogie de fantasy française. La quatrième de couverture promettait une saga à grand spectacle et, effectivement, l’action démarre par un sauvetage en haute mer propre à retenir son souffle. La présentation des personnages principaux soulève plus de mystères qu’elle n’en résout. L’équipe mal appariée, vouée à une course-poursuite mortelle, se suit avec curiosité.

Nous avons donc Arekh, galérien au passé trouble, bien décidé à se séparer de ses compagnes à la première occasion, bien que la jeune Marikani l’ait sauvé de la noyade sans mobile précis, acte de bravoure insensé pour une princesse en cavale accompagnée de sa « suivante », Liénor, au trouble passé. En prime, une adolescent sauvé in extremis par Arekh, qui lui semble rapidement être un boulet. Mais pourquoi se poser des questions sur nos actions, même les plus déraisonnables ? Nous ne faisons que suivre un plan dicté à l’avance par les dieux…

La qualité principale de cette trilogie est de remuer de grandes idées ; en vrac : le pouvoir, les intrigues politiques, l’intégrisme religieux, la sujétion. Le ton est cynique, la vision désespérée, les relations entre les personnages empreintes de cruauté. L’intrigue repose sur le soulèvement des esclaves aux yeux bleus et cheveux blonds, originaires d’une lointaine contrée. L’intention est louable, et renverse la perspective habituelle avec une population dominante à la peau brune et des esclaves méprisés pour leur teint clair, dont l’assujettissement est dicté par la disposition de plusieurs étoiles selon la « rune de la captivité ». La religion en prend un coup au passage, croyances et mythes démontés pièce par pièce.

Tandis que la guerre fait rage, on a droit à de nombreuses descriptions de combats sans merci, incluant massacres, décapitation, castration avec les dents (une entrée en matière imparable pour un duel), tortures. Et le sang de couler dans les bassins des palais, ou d’imprégner le sable du pays calqué par Ange sur les civilisations orientales…

Mais les héros ne rencontrent pas que des emmerdes. Ils rencontrent aussi l’amour. Et sa douleur, ses frustrations, ses désirs mêlés de rage impuissante. Vous n’alliez tout de même pas croire qu’ils allaient se filer des rencards et se promener main dans la main au pays des Trois Lunes ? Non. L’expression la plus pure de la passion est une paire de gifles réciproque. « Je t’aime tant ! Tiens ! prends ça ! » C’est plutôt ahurissant de lire une histoire d’amour impossible à notre époque, pas désagréable, toutes considérations sur ma vie personnelle mises à part. Même si vraiment, ils poussent un peu.

Ange, Les Trois Lunes de Tanjor (3×300 pages, éditions Bragelonne) :
1. Le Peuple turquoise (2001)
2. La Flamme d’Harabec (2002)
3. La Mort d’Ayesha (2003)

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