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Le Cousin Henry

20 septembre 2011

C’est sur Gallica, bibliothèque numérique de la BnF, que l’on peut trouver cette édition originale numérisée, d’une qualité moyenne, d’une traduction de Trollope. Un peu comme avec Oeil pour oeil, on a ici affaire à un texte court, faisant intervenir peu de personnages, un peu comme s’il s’agissait d’une seule des intrigues d’un de ses habituels gros romans.

Les préoccupations des personnages ne sont pas originales : il y est question de rang, d’héritage, de scandale et d’un mariage empêché. Le vieil Indefer Jones, sentant sa fin proche, est ennuyé quant à la transmission de sa propriété de Llanfeare. A titre personnel, il aimerait faire de sa nièce son héritière. Isabel Brodrick est intelligente, méritante et représente une gêne pour son père, remarié et peu fortuné. Pourtant, ne vaut-il pas mieux suivre l’ancienne règle de la substitution, une survivance du droit féodal en Angleterre qui fait qu’une terre passe du père au fils aîné ou, à défaut, à l’héritier mâle le plus proche ? Ce qui nous amène… au cousin Henry.

Petit employé obscur à Londres, il suscite le mépris de son oncle et une aversion viscérale chez sa cousine, qui ne veut pas entendre parler du mariage qui arrangerait tout le monde.

« Mais il est impossible à une jeune femme qui se respecte d’accepter l’autorité d’un homme qui lui inspire de l’horreur.  » (p. 2)

Un dernier testament sera donc rédigé, puis encore un autre, certifié devant témoins et introuvable à la mort d’Indefer Jones. Henry hérite de Llanfeare et se retrouve bientôt convaincu de son imposture dans ce rôle. Pourtant, il ne prévient pas Isabel de sa véritable légitimité. Homme faible et irrésolu, il ne parvient à être ni honnête, ni scélérat. Quand la presse s’en mêle, son obsession est étalée aux yeux du public, à sa plus grande honte.

On ne sait pas trop de quel côté se ranger. Isabel est dotée d’un sens démesuré du devoir, qui va jusqu’à estimer convenable de faire son propre malheur. Henry a moins de scrupules mais il manque de la fermeté la plus élémentaire. Les hommes de lois apparaissent cruels, déterminés à le torturer alors qu’ils sont à peu près persuadés de la vérité. Le roman se fait oppressant et la fin est une délivrance pour tout le monde, lectrice comprise.

Anthony Trollope, Le Cousin Henry, 1881, 228 p. ( texte en ligne)

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