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Un Tiers de ma vie

8 octobre 2011
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Faire un bilan de ces deux dernières années de travail ? L’intitulé de cette rubrique reste malheureusement pertinent. Pourquoi le besoin de gagner sa vie doit-il se transformer en torture ?

Parce que le nombre de postes dans notre beau pays diminue mais que la charge de travail s’intensifie.

Parce que la culture managériale s’insinue partout et toutes les tâches nécessitent « objectifs », « projets », « évaluation », bilan statistique.

Parce que les collègues qui se récrient le plus contre l’individualisation et la mise en concurrence sont les premières à se faire mousser pour le moindre petit « projet » et se préparent à leur entretien annuel sept mois à l’avance.

Parce que le harcèlement n’est pas un regrettable incident mais une technique de gestion à part entière.

Parce que je ne progresse pas et que j’oublie au fur et à mesure ce que j’ai appris, faute de le pratiquer régulièrement.

Parce que je devrais effectuer mes tâches comme du travail à la chaîne, travailler vite et bien, être performante, alors que ma fiche de poste fait rire nerveusement des collègues ayant un statut proche du mien dans d’autres boîtes comparables à la mienne.

Parce que les sautes d’humeur des uns et des autres n’améliorent pas l’ambiance et ne font qu’augmenter mon stress, même quand je ne suis pas directement visée.

Parce que mes « subordonnés » se voient bien comme tels, adorent les distinctions hiérarchiques et sont à la recherche d’une cheffe, une vraie.

Parce que ma vraie vie, malheureusement trop courte, commence dès que je sors de la boîte mais que je suis trop fatiguée pour en profiter.

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7 commentaires leave one →
  1. 10 octobre 2011 08:34

    Au cas où le désespoir se ferait trop menaçant, il est toujours possible de trouver la lumière dans le monde professionnel… http://www.modeli.fr/cleer/2011/08/31/
    Courage !

  2. 10 octobre 2011 09:11

    C’est pour s’efforcer de résister à tout cela qu’on a un jour inventé les livres. Sans doute ne rendent-ils pas plus heureux, parfois même un peu malheureux, parce qu’ils aiguisent le regard, qu’ils apprennent à ne pas se laisser duper par les mauvaises intrigues, les mauvais récits du pouvoir, de l’entreprise, de toute autorité. Ils apprennent un peu à rire: combien de fois j’ai envie d’éclater de rire devant tel ou tel comportement caricatural, de ceux que tu décris, en ayant envie de dire: arrêtez tout, je connais tout cela, je vous ai lu! ce n’est pas vous déjà qui étiez le personnage de tel ou tel roman lu l’an dernier? On peut peut-être aussi trouver une consolation dans les livres, un divertissement, un refuge, ouvrir des horizons nouveaux. Ou y puiser la ressource parfois de repousser tous les fâcheux: je serais D’Artagnan et avec mes amis les mousquetaires nous nous lancerions à l’assaut de toutes les forteresses pour sauver la couronne et par amour de la reine… Je souhaite que tu puisse traverser sans trop de peine ce petit moment de blues.

  3. 13 octobre 2011 23:33

    Voilà pourquoi, sans parler de toutes les dérives néolibérales qui atteignent désormais les moindres recoins du travail, je ne suis pas particulièrement enclin à aller au delà du statut de gryffondor, qui me convient parfaitement. Pour le moment, je vis bien dans mon boulot, je croise les doigts pour que ça dure, ayant moi-même connu quelques péripéties analogues aux tiennes. T’es dans quel secteur de Poudlard déjà ? (12 anciennement, et là ?)

  4. 16 octobre 2011 22:53

    Laurent : Dis-donc, ne serais-tu pas en train de faire de la pub ? 😉 Cette phrase de la critique résume bien le problème : « Langage corporate, sabir franglais, pratiques RH, usages du mail, communication PowerPoint, gestion de projet, jargons, luttes de pouvoir, organisations matricielles, gestion budgétaire, planification à outrance ». Et ce n’est plus réservé à quelques grosses boîtes du privé axées sur le rendement, c’est PARTOUT maintenant.

    Cléanthe : Merci pour la tentative de réconfort, ça me touche ! Je ne suis pas déprimée mais découragée, de moins en moins motivée. Pour reprendre ce que tu dis sur les livres, je ne les considère pas seulement comme un délassement mais une arme potentielle. Ils donnent en fait des outils pour réfléchir autrement. Mais j’aime bien ce que tu dis sur les caricatures vivantes, c’est tellement ça !

    Nicks : Toujours au même endroit, mon pauvre ami… Je savais que ce serait dur mais je n’imaginais pas que les possibilités de sortie seraient aussi restreintes. Bref, c’est mon année de révolte silencieuse, avant la résignation, qui sait ?

  5. 18 octobre 2011 23:13

    Ah, je croyais que tu avais bougé…

    La représentante des serpentards qui venait du même secteur que toi est effectivement reconnue comme bien ambivalente. Je n’ai pas de souci avec elle mais je ne dépends pas de son service. Elle me considère comme un bon élément je crois, mais de toutes façons elle est fausse comme un Vuitton thaïlandais…

    Bon courage en tout cas !

    • 19 octobre 2011 21:46

      Ambivalente, oui, c’est un début de description la concernant. Tu la connaîtras vraiment quand tu comprendras qu’elle est capable de tout et son contraire, tout en tenant des propos exactement inverses ! 😀 J’en ris, mais de loin.

      • 19 octobre 2011 21:50

        Ben c’est bien ce que je dis.

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