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L’Assassin de l’agent de police

16 octobre 2011
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Le roman débute par la narration froide du meurtre de Sigbrid Mard, quadragénaire divorcée, qui semble avoir été victime d’un maniaque sexuel. Les policiers désignés pour enquêter sur l’affaire croisent sur leur route une ancienne sinistre connaissance, de quoi être découragé d’attraper des criminels, s’ils sont relâchés aussi vite dans la nature… Martin Beck se sent de plus en plus étranger à l’organisation du travail de la police. Kollberg est tout simplement écœuré ; il se demande s’il a vraiment envie de continuer à exercer son métier.

Ce livre, au titre trompeur, est avant tout une condamnation sans appel de l’incompétence croissante de la police. D’après les auteurs, le métier n’attire plus que les débiles légers et les jeunes ambitieux qui ont trop vu de films américains. Le fait d’être systématiquement armés ne fait qu’augmenter les statistiques criminelles : forcément, la police donne le mauvais exemple et les opérations sont toujours sur le point de dégénérer.

La nouvelle loi sur la police offrait à ses membres les plus zélés des possibilités considérables de tracasser les gens, et en particulier les jeunes, du fait que ceux-ci n’avaient nulle part où aller. Les êtres de cette espèce étaient considérés comme des suspects tout désignés, à appréhender immédiatement. Ensuite, on pouvait les retenir pendant six heures, les passer à tabac au poste et les relâcher, pour mieux se livrer aussitôt à une nouvelle descente, menée selon des méthodes militaires, et faire à nouveau monter les mêmes personnes dans les paniers à salade. Kvastmo trouvait ces dispositions excellentes mais, malheureusement, se trouvait affecté dans un district où les chefs n’étaient pas tout à fait aussi sanguinaires. (p. 325-326)

La hiérarchie se montre au mieux ridicule, au pire dangereuse. Les quelques policiers sympathiques que nous retrouvons au fil des tomes de la série ont préféré continuer à faire le travail qu’ils aimaient plutôt que de courir après les promotions de carrière. Cela fait d’eux des agents extrêmement suspects et le comportement des grands pontes vire au harcèlement à l’occasion. De quoi rendre leur séjour champêtre, en compagnie d’un collègue habillé comme un garde-chasse, des plus agréables, malgré une enquête comme d’habitude calamiteuse, qui avance surtout grâce à leur bon sens et malgré les intuitions foudroyantes de leurs responsables.

Maj Sjöwall et Per Wahlöö, L’Assassin de l’agent de police,
Ed. Payot & Rivages, 2010, 408  p.  (Polismördaren, 1974)

Le Roman d’un crime :

  1. Roseanna
  2. L’homme qui partit en fumée
  3. L’homme au balcon
  4. Le policier qui rit
  5. La voiture de pompiers disparue
  6. Vingt-deux, v’là des frites
  7. L’abominable homme de Säffle
  8. La chambre close
  9. L’assassin de l’agent de police
  10. Les terroristes

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