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George et moi, c’est fini

25 octobre 2011

Une année avec George Sand… Telle était mon envie en m’inscrivant au challenge de George, elle-même sandienne convaincue, comme l’atteste son pseudonyme.

Mon but était de découvrir une œuvre très partiellement connue, en me penchant sur les romans du début. J’ai aimé chacun des livres figurant sur ma liste, certains plus que d’autres, naturellement, mais l’expérience m’a plue au point de la prolonger avec une autre grosse compilation de romans cet été. Bref, George et moi, en fait, ça ne fait que commencer !

Mon adhésion à ses écrits n’avait rien d’évident. Je craignais le romantisme exacerbé de son époque, les intrigues simplistes dans un cadre rural, ou encore que rien ne se passe, que Consuelo et La petite Fadette aient été des exceptions au milieu d’une œuvre abondante et dépourvue d’intérêt.

En premier lieu, j’ai été frappée par la faiblesse morale ou physique de ses héroïnes, contrastant avec la fureur de leurs sentiments. Les héroïnes de ses deux premiers romans,  Indiana, Valentine, passent plutôt inaperçues, mais sitôt que l’amour les entraîne, il ne fait pas bon se trouver sur leur chemin ! Déluges de passions, de pleurs, de cris d’horreur et d’extase… Je m’y retrouvais bien en plein, de ce romantisme exacerbé ! J’ai décidé de prendre ça comme un tour de manège et de m’amuser au passage. Il y avait quand même bien un peu d’hypocrisie à nous remuer autant pour terminer sur une fin morale, protégeant finalement l’institution du mariage bien mise à mal sur plusieurs centaines de pages.

Lélia, Jacques présentent des personnages plus complexes, moins aimables au premier abord. La dépression imprègne leurs intrigues, l’autrice ne cachant pas son propre « spleen » dans ses lettres du moment. Ce sont pourtant des personnages fascinants, dont le charme dissimule noirceur et néant. Bernard Mauprat n’a pas autant d’ambivalence en lui, ce qui en fait un personnage somme toute sympathique, malgré son comportement rugueux, même si Edmée lui vole la vedette dans ce roman davantage psychologique qu’aventureux.

Roman moins connu, Le Secrétaire intime a été une belle découverte, dans une veine complètement fantaisiste, que j’ai pu rapprocher de Teverino par la suite. Bonheur de la mise en scène, sentiments prêtés, repris, déguisements… J’ai beaucoup aimé ce récit virevoltant. Leone Leoni, plus réaliste, ne m’a pas autant plu ; l’étude psychologique était néanmoins intéressante.

S’il y a une chose qu’il faut reconnaître, c’est que George Sand était plus audacieuse dans sa vie que dans ses romans. On ne s’en rend pas forcément compte à lire Histoire de ma vie ou ses autres récits autobiographiques, qui sont autant de chefs d’œuvres d’euphémismes et d’allusions voilées. C’est là qu’une bonne biographie trouve toute son utilité, comme celle de Joseph Barry : George Sand ou le scandale de la liberté. Il imagine un peu trop d’intrigues sentimentales ou sexuelles là où il n’y avait peut-être qu’une correspondance véhémente. A part ça, son étude se dévore comme un roman et nous fait partager les soixante-dix ans de la vie d’Aurore Dupin comme si on y était. Heureusement, on ne saura jamais tout. J’étais parfois mal à l’aise en songeant aux courriers intimes qui n’avaient aucune vocation à être publiés, à l’origine.

Avec les écrits autobiographiques, la révélation a été d’une tout autre nature. Je découvrais une artiste passionnée, engagée, une romancière attirée aussi bien par la philosophie que la politique. Les Lettres d’un voyageur ne sont pas d’une lecture évidente mais on peut y trouver des plaisirs de natures différentes ; j’ai beaucoup aimé ses descriptions de paysages et ses passions musicales. Son caractère peu commode transparaît plus nettement dans le catastrophique Hiver à Majorque, drôle à lire mais plutôt méchant sur les autochtones. Ses remarques laissent deviner ses habitudes de confort, bien mises à mal par le cadre rustique de ces vacances pluvieuses. L’humour se développe avec l’âge et on est loin de l’idéalisme des premiers romans.

Décidément, ce challenge était une bonne idée et me semble plus suivi que la plupart de ces terribles pensums bloguesques que l’on s’impose parfois à soi-même. Pour moi, ce n’est qu’un début et George Sand a gagné le droit de figurer sur la liste des auteurs dont je veux tout lire !

 

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4 commentaires leave one →
  1. 26 octobre 2011 19:49

    Un au revoir sans nostalgie donc puisque tu continueras à lire George Sand. En tous cas , bravo pour ce beau bilan qui montre plusieurs aspects de George Sand, la femme et l’écrivain. Quant à moi, j’ai décidé de continuer. Il me reste encore trop à découvrir donc à partager.

    • 26 octobre 2011 22:34

      Rassure-toi, c’est la fin du défi que je m’étais fixé mais je continuerai à vous faire partager mes découvertes dans son œuvre foisonnante ! J’ai beaucoup aimé tes billets aussi. 🙂

      • 27 octobre 2011 21:52

        Un joli bilan en effet. Il y a dans ta liste plusieurs titres qu’il me reste à lire, en particulier cette colossale « Histoire de ma vie », que j’ai commencé il y a plusieurs années avec plaisir, mais je n’ai toujours pas trouvé le calme nécessaire pour en poursuivre la lecture.

      • 29 octobre 2011 14:24

        C’est le genre de livres qui autorisent tout à fait à prendre son temps pour le terminer. Il faut dire que les 400 premières pages sont lassantes, avec les lettre entre le père et la grand-mère. De toute façon, il faut compléter par une biographie pour comprendre toutes ses allusions !

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