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Les Tribulations d’une caissière

6 novembre 2011

Curieusement, après des études de lettres, Anna n’a pas trouvé de travail « dans sa branche ». La caisse de supermarché a été un débouché presque comme un autre.

Tenir un blog l’a poussée à observer les clients, pour ressortir les anecdotes qui font tout le sel de ce livre. Et le stage anecdotique, le livre a du mal à le dépasser. Le ton est drôle, les petites blagues font mouche mais l’ensemble reste superficiel. On reste dans un style bloguesque, avec toutes les limites de la transposition telle quelle en livre édité.

Une première partie consiste à régler ses comptes avec les clients. Elle brocarde les clients « très malins » qui s’arrangent pour passer avant les autres, les tactiques peu discrètes des voleurs, les chieurs qui abusent des caisses prioritaires ou de moins de dix articles, les zombies du premier jour des soldes et du 24 décembre. Elle avoue avoir rougi face aux effusions érotiques d’un couple au moment du passage en caisse.

Être une bonne « hôtesse de caisse » requiert beaucoup de patience et de diplomatie. Il faut supporter avec patience les blagues répétitives, les formulations élégantes qui révèlent que, pour le client, l’être humain qui enregistre ses articles n’est qu’un appendice de sa caisse. « Vous êtes ouverte ? » figure au top 3 des questions posées en caisse. Inutile de s’adonner à des rêveries romantiques sur les possibilités offertes par ce contact humain continuel, c’est bien « l’un des postes les plus enviables pour profiter de toute l’étendue de la bêtise humaine. » (p. 157)

Le ton se fait plus critique sur les supermarchés eux-mêmes dans la suite du livre. Elle sort un peu du registre sociologie de comptoir pour reconnaître que la carte de fidélité ne représente pas un grand intérêt pour les consommateurs. « C’est juste un moyen (génial) de la part des enseignes pour inciter les clients à revenir dans leurs magasins plutôt que de se rendre chez les concurrents. » (p. 65)

Sur les conditions de travail, pas trop de surprise, c’est pourri. Difficile de toucher plus qu’un maigre salaire, avec des horaires variables atteignant rarement les 35 heures par semaine. Il faut bien sûr s’attendre à arriver très tôt ou repartir très tard, notamment grâce aux joies du recomptage le soir.

Une hôtesse est enchaînée à son poste pendent la durée de son travail, avec des rares et courtes pauses. Il faut manger à toute allure, demander la permission pour aller aux toilettes ou prendre un café. Sans surprise également, les rapports avec la hiérarchie s’avèrent délicats : mieux vaut ne pas être trop intelligente ou trop critique. Comme partout, quoi.

On imagine que l’humour décapant de la jeune femme lui a permis de tenir plusieurs années dans ce milieu sans trop s’aigrir. On peut trouver des avantages au métier de caissière, en cherchant bien. Il permet de faire de la gymnastique, par exemple, et de se sculpter un corps de rêve. Si, si.

« A noter également que pour l’état et le développement de votre cerveau, les gestes automatiques et les phrases mille fois répétées permettront à votre esprit de se mettre en veille le temps de votre journée de travail. Vous pourrez récupérer vos facultés en sortant du magasin. Un bon moyen de préserver vos neurones pour vos vieux jours. » (p. 82)

On voit donc qu’il faut éviter de faire ce métier toute sa vie, quand on peut.En visitant le blog, j’ai vu que ça allait plutôt bien pour l’autrice : l’adaptation cinématographique du livre adapté du blog adapté de sa vie sort en décembre. Décrit comme un mélange entre le livre et Coup de Foudre à Notting Hill, ce n’est pas sûr que j’y trouve mon compte…

Anna Sam, Les Tribulations d’une caissière, Ed. Stock, 2008, 193 p.

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