Skip to content

Horace

30 novembre 2011

Horace commence comme un roman balzacien, avec une description ironique de la vie des petits bourgeois de province. On se retrouve rapidement, avec le héros, dans l’univers étudiant du Paris de la première moitié du XIXe siècle. Pour les plus fortunés, bohème enjouée, de cafés en cabarets, vie maritale avec les grisettes et passions enflammées pour les actrices. Horace Dumontet ambitionne tous les plaisirs de ce genre d’existence, sans en avoir les moyens. Ses parents se sont saignés pour qu’il puisse faire son droit à Paris. Lui, ne songe qu’à fanfaronner sur sa future carrière de grand écrivain. Il suscite pourtant l’amitié de Théophile, le narrateur, qui fait preuve de beaucoup d’indulgence envers lui. Horace est pourtant indéfendable et il devient de plus en plus antipathique à mesure que l’histoire progresse.

George Sand montre le monde des artistes sans le sou, qu’elle a sûrement côtoyé au moment de ses débuts d’écrivaine. Paul Arsène est l’emblème de ces tempéraments d’artistes contrariés, brûlant du feu sacré pour la peinture, noble et désintéressé, capable d’amour fidèle et durable. La comparaison avec Horace n’est naturellement pas à l’avantage de ce dernier.

Le roman est aussi l’occasion de développer les thèmes politiques qui lui tenaient à cœur. Les étudiants et leurs amis se passionnent pour les thèses républicaines les plus audacieuses. Ils rêvent à quelque chose qui ressemble fort au communisme, tandis qu’Horace aspire plutôt à la noblesse. La répression sanglante des émeutes rappelle des épisodes autobiographiques qui l’avaient particulièrement traumatisée, lorsqu’elle avait entendu des cris d’agonie sous ses fenêtres…

Horace est le roman de George Sand que j’ai le moins apprécié jusque là. Je l’ai trouvé bien long et le personnage de Marthe bien trop angélique pour me captiver (en plus, elle fait tout le temps les mauvais choix). La scène où Paul débarque à l’improviste chez Marthe repose sur un hasard un peu trop gros, même pour un roman classique. Horace est un héros absolument détestable, qui a fait quelques ennemis, se reconnaissant dans son portrait, à sa créatrice ! Elle se montre en effet sans pitié pour les arrivistes, sans avoir voulu viser quelqu’un en particulier. Le portrait au vitriol de la Vicomtesse de Chailly n’a pas non plus du être du goût des dames du beau monde.

George Sand, Horace, dans Vies d’artistes, Ed.
Omnibus, 2004, p. 311-563 (première édition en 1841)

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :