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Tamerlan

4 décembre 2011

Mycete, roi de Perse, tremble de voir son royaume conquis par Tamerlan, « ce chef scythe rapace », dont l’ambition n’a pas de bornes. Il envoie Théridames, le chef de son armée, capturer ou tuer Tamerlan et ses soldats. Comme si ça ne lui suffisait pas, son propre frère, Cosroe, convoite aussi sa couronne, et s’allie pour l’obtenir avec l’armée de Théridames.

Pendant ce temps, Tamerlan conte fleurette à Xenia, fille du sultan égyptien, promise à un prince syrien. Que ce soit sur les soldats ou les nobles dames, la séduction de Tamerlan est irrésistible. Tous cèdent à ses désirs ! C’est donc sans trop de peine qu’il devient roi de Perse et se fiance avec Xenia. Mycete n’avait, après tout, aucun goût pour le pouvoir en tant que tel.

Un roi ? La cible que tout homme vise.
La couronne ? Une quille à renverser. (p. 77)

Alors que Tamerlan aime le pouvoir, les honneurs et tous les plaisirs permis par le prestige de la couronne. D’humeur changeante, il est enclin aussi bien à la clémence qu’au pillage meurtrier. Ne dédaignant pas l’humiliation de ses ennemis, il aime à les utiliser comme marchepied pour monter sur son trône, les mettre en cage, leur faire tirer son char. Chez lui, le despote cruel coexiste avec l’amoureux passionné, ce qui fait qu’on ne peut pas complètement le détester, et quelle classe tout de même !

Grand succès à l’époque, cette pièce fondatrice du drame élisabéthain fait le choix d’un sujet spectaculaire, regorgeant de détails sanglants, tablant sur le goût pour l’orientalisme du public. J’ai apprécié la traduction élégante, qui tente dans cette édition de restituer l’esprit du texte original. L’action m’a semblé schématique, les scènes grandioses se succèdent et toute la vie de Tamerlan, depuis sa conquête de la Perse, défile trop vite pour qu’on puisse s’immerger vraiment dans l’action.

J’ai choisi cette pièce dans le cadre du chalenge élisabéthain, pour changer un peu de Shakespeare. Le sujet de la pièce m’intéressait, ayant passé des vacances en Asie centrale, dans des lieux très marqués par ce personnage historique. J’ai vu sa statue équestre au milieu d’une vaste place de Tachkent, capitale de l’Ouzbékistan, contemplé son tombeau dans le mausolée Gour Emir de Samarcande, admiré la mosquéee de la belle Bibi Khanoum, l’une de ses épouses…

Pour ce qui est de la découverte de Marlowe, je suis moins enthousiaste que pour Shakespeare, mais il est vrai que sa carrière est beaucoup plus courte. Christopher Marlowe (1564-1593) reste un auteur mystérieux, sur lequel circulent bon nombre de rumeurs. Il a écrit six pièces au total, ainsi que des poèmes. Je suis tentée par la lecture de Didon, reine de Carthage, principalement pour le titre qui en jette ! Quoi qu’il en soit, c’est ici que se termine ma participation au challenge élisabéthain, qui m’aura bien fait voyager dans le temps et l’espace.

Christopher Marlowe, Tamerlan, Ed. Albin
Michel, 1977, 247 p. (Tamburlaine, 1587)

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