Skip to content

Dune

25 décembre 2011

Arrakis est une planète inhospitalière, un désert de sable sillonné par des vers géants qui bouffent tout sur leur passage. Les gisements d’épice, une substance psychotrope très convoitée dans tout l’Empire, constituent le seul intérêt de ce trou brûlant. Le duc Leto Atréides reçoit la planète en fief et s’y installe avec sa famille et sa suite sans se faire d’illusions. Jessica, son épouse, étant Bene Gesserit, n’ignore pas que l’avenir est sombre. Quant à Paul, leur fils, il présente des capacités intellectuelles inhabituelles. Serait-il le Kwisatz Haderach, le summum du programme de sélection génétique du Bene Gesserit, un ordre à la fois scientifique, religieux et politique ?

Dune est considéré comme un monument de la science-fiction et j’y ai retrouvé certains éléments de séries écrites ultérieurement. On a la vision classique d’un univers dérivé de la Terre, dont toutes les planètes habitables ont été colonisées, avec un empereur pour contrôler tout ça. L’environnement désertique de Dune est assez original. Le dépouillement du cadre fait écho à celui du style, d’une simplicité agréable, empreint cependant d’une certaine lourdeur. Inutile de chercher une trace d’humour ; pour des héros doués de prescience, le moindre acte renvoie à des avenirs lourds de conséquences.

Cet aspect psychologique est intéressant et bien exploité par l’auteur. Paul a la vision de tous les avenirs possibles et sait que le futur converge vers un désastre politique et religieux à cause de lui. Ce qu’il fait pour tenter de l’éviter ne fait que provoquer les événements. Il vit de plus l’atrocité de connaître l’heure de sa mort et celle des gens qu’il aime, ce qui aigrirait n’importe qui.

J’ai aimé l’aspect écologique du premier tome. L’objectif des Fremen, combattants redoutables, est de rendre Arrakis habitable. La religion occupe une grande place, avec la création d’un mythe vivant, Muad’dib, à l’origine d’un jihad interplanétaire sans merci. Le style a exercé une certaine fascination sur moi. Mais la narration du roman m’a impatientée. C’est la parlotte qui est privilégiée. On n’est presque jamais là quand l’action a lieu, on a des récits de seconde main, des méchants qui disent : « Oh, comme je suis méchant ! », mais qu’on voit rarement à l’œuvre. Dans le tome 2, lorsque Paul constate qu’il est à l’origine de milliards de morts, on n’en sent absolument pas le poids ! Les scènes d’amour, ou plutôt les dialogues très sérieux y conduisant, m’ont aussi semblé assez ridicules.

Pas de regrets donc quand on change d’époque et de personnages avec Les enfants de Dune, mon tome préféré avec Les Hérétiques de Dune. Ça bouge pas mal, les personnages ne se contentent pas de bavasser en remuant leurs pions, ils vont même courir dehors. Il y a des passages poignants, comme la métamorphose de Leto II. J’ai beaucoup aimé aussi l’idée du ghola fabriqué en série à travers les siècles, un clone gardant la mémoire des exemplaires précédents.

L’Empereur-dieu de Dune est encore un gros pavé de parlotte. On nous bassine avec le Sentier d’or, les millénaires passent… Et nous voilà arrivées aux Hérétiques de Dune, où il y a de l’action, des personnages perdus dans la nature, des Révérendes Mères dissidentes qui se font appeler les Honorées Matriarches et qui cassent la baraque, et l’inévitable ghola, en proie à des questionnements philosophiques sur l’identité bien lourds pour un adolescent. Je retiens aussi les techniques sexuelles sophistiquées et la phrase à dire à un homme, d’un ton très convaincu : « Mes mains sont du feu ! » (mais il faut la technique qui va avec).

Parvenue à la Maison des mères, je peine à maintenir l’intérêt du début, qui était déjà fluctuant. Le cycle est inégal en termes d’intrigue et les complots politiques simplistes ne me passionnent pas plus que ça. Les réflexions du Tyran ne m’ont pas paru particulièrement poussées, aucune révélation sur la nature humaine en ce qui me concerne ! Les personnages m’ont tous semblé désagréables, Hwi Noree exceptée. La conception du pouvoir n’est guère sympathique sur Dune : tous les moyens sont bons pour le conquérir ou le maintenir, de la terreur à l’implantation de superstitions pour induire l’abrutissement des masses. Les seules faiblesses chez ces super humains, résultats d’une sélection génétique impitoyable, sont, parfois, un accès sentimental vite réprimé. La leçon à retenir serait peut-être qu’à tout vouloir contrôler, on aboutit à un désastre écologique et humain, quelles que soient les bonnes intentions de départ.

Frank Herbert, Le cycle de Dune, 1965 à 1979

Le cycle de Dune :

Dune
Le Messie de Dune
Les Enfants de Dune
L’Empereur-dieu de Dune
Les Hérétiques de Dune
La Maison des mères

Advertisements
2 commentaires leave one →
  1. 6 janvier 2012 01:06

    Je ne suis pas une spécialiste de SF, mais ça j’avais bien aimé! J’ai lu seulement Dune, toutefois, pas toute la série…

    • 11 janvier 2012 23:29

      Le premier tome de Dune suffit en effet à s’en faire une idée. J’ai préféré certains des tomes suivants parce que Paul m’ennuyait…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :