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Walden

15 janvier 2012

I went to the woods because I wished to live deliberately, to front only the essential facts of life, and see if I could not learn what it had to teach, and not, when I came to die, discover that I had not lived. Il did not wish to live what was not life, living is so dear; nor did I wish to practice resignation, unless it was quite necessary. (p. 83)

Thoreau (1817-1862) est né et a vécu à Concord, Massachusetts. Son essai Civil Disobedience, paru en 1849 a exercé une influence sur le militantisme du XXe siècle.

L’expérience qu’il nous relate ici est son installation pendant deux ans et deux mois au bord du lac Walden, près de Concord. Pour connaître la solitude au fond des bois, il construit lui-même sa cabane. Pour assurer sa subsistance, il cultive son jardin. Ses journées se passent en baignades, rêveries, lecture et écriture. Sans ressentir le besoin d’échanges sociaux intensifs, il n’est pas si isolé que ça et se rend régulièrement à la ville, rencontre des gens. Loin de vivre comme un sauvage, il reçoit avec plaisir les visiteurs de passage. Il fait aussi allusion à un esclave noir qu’il a aidé à s’enfuir vers le Canada.

Son mode de vie est jugé « impertinent » par les autres. Aux personnes inquiètes de sa survie, de son éventuel sentiment de solitude, il rétorque qu’il a toujours vu ses contemporains ployant sous une sorte de punition auto infligée, le mode de vie « normal ». La propriété d’un terrain les en rend esclaves et les empêche de profiter de ce qui devrait être la vraie humanité : une élévation au-dessus de la simple recherche de rendement, une sérénité à rebours des tracas quotidiens du négoce et de l’image à afficher en public. L’exploitation intensive du sol est un vol, une attitude irrespectueuse de la nature.

The mass of men lead lives of quiet desperation. What is called resignation is confirmed desperation. (p. 9)

Il présente en fait une philosophie de vie qu’on appellerait aujourd’hui anticapitaliste, anticonsumériste et antigaspillage. Il met en avant l’importance de la frugalité et d’une nourriture végétarienne. Il ressent de plus en plus un rabaissement à tuer un animal, ne serait-ce qu’un poisson. Pour lui, la civilisation tombe dans une gloutonnerie effrénée. De même, il privilégie les vêtements pratiques à ceux à la mode. Il en vient à douter du progrès de la civilisation ; les « sauvages » sont le plus souvent dégradés au contact des « hommes civilisés ».

Il préfère sa liberté à l’accumulation de signes de richesse, pratique un mode de vie plus lent que ses contemporains, considérant que le travail intensif est inutile si l’on mène une vie sobre, sans rechercher des articles coûteux. Il estime que travailler six semaines dans l’année lui suffit à pourvoir à ses besoins essentiels, dégageant du temps libre pour l’étude.

Ce beau livre exprime un attachement pour chaque élément du paysage, pour chaque espèce animale. Thoreau observe le lac et la vie alentour à chaque saison. De longues pages sont consacrées à la couleur de l’eau, à la formation de la glace, aux oiseaux qui s’ébattent dans le lac. Son texte est empreint de poésie, comme lorsqu’il compare le lac aux « yeux de la terre ». Au-delà de l’aspect contemplatif, il y a la reconnaissance de sa part animale:

I found in myself, and still find, an instinct toward a higher, or, as it is named, spiritual life, as do most men, and another toward a primitive rank and savage one, and I reverence them both. I love the wild not less than the good. (p. 189)

Thoreau a finalement quitté les bois pour retrouver le vaste monde et ne pas piétiner au même endroit pendant des années. Pourquoi se fixer au même endroit quand la construction d’une cabane est aussi simple et économique ? J’ai retrouvé certains de mes rêves dans cette expérience. Souvent, je découvre un paysage magnifique et j’aimerais m’y installer quelques temps ; peu après, j’en vois un encore plus beau et je rêve d’une vie nomade, sans attaches…

Henry David Thoreau, Walden, Or, Life in the Woods,
Oxford World’s Classics, 1999, 297 p. (1ère édition en 1854)

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2 commentaires leave one →
  1. 18 janvier 2012 14:25

    C’est avec ce texte que j’ai découvert Thoreau, et depuis j’ai démarré quelques autres essais. Tu as raison, il n’est pas si isolé que cela, ce n’est pas Into the wild!
    Mais un incontournable qui fait réfléchir.

    • 19 janvier 2012 21:56

      J’ai été totalement conquise par sa philosophie ! En fait, seule ma maladresse m’empêche de faire comme lui et de me construire une cabane ! J’ai aussi découvert récemment que l’élégance « austère » d’une de mes amies (elle va ricaner) venait directement de lui, avec les passages sur la recherche de la simplicité dans la vie de tous les jours. Bref, je projette la lecture de l’essai sur la Désobéissance civile.

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