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Dernières miniatures

20 janvier 2012
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Ce livre réunit sept textes de Dostoïevski, nouvelles de fiction ou reportages, publiés dans différents journaux de 1873 à 1878. Humour caustique, émotion, descriptions sociologiques, l’auteur sait jouer de tous les registres. Une lecture intéressante, déconcertante…

Dans Bobok, il fait parler les morts d’un cimetière. Sous les pierres tombales, c’est la cacophonie : disputes, rivalités et même tentatives de séduction, les morts ne se refusent rien. Toutes les turpitudes du monde des vivants se déroulent ici sans la moindre arrière pensée ; les protagonistes n’ont plus rien à perdre…

Non, pour l’instant, ce que je veux, c’est ne plus mentir. Et c’est la seule chose que je veux, parce que c’est ça l’essentiel. Vivre sur terre sans mentir est impossible, parce que la vie et le mensonge sont synonymes ; eh bien ici, pour rire, nous ne mentirons pas. Que le diable m’emporte, ça a quand même un sens, la tombe ! Ici, nous raconterons à haute voix nos histoires et nous n’aurons plus honte de rien. (p. 34)

Petites images : Prétentions architecturales de Pétersbourg, dialogues d’ouvriers éméchés, maladresses enfantines… Les observations se succèdent, permettant de se faire une idée de la ville russe du XIXe siècle à travers les impressions de l’auteur. Des tableaux creux, complètement creux, qu’on a même honte de noter dans son journal.

Le quémandeur : Méthode pour arriver à ses fins en toutes circonstances. À réserver aux manipulateurs.

Petites images (en voyage) : Description sociologique précise des comportements en train ou en bateau, selon la classe sociale. C’est précis, juste, impitoyable.

Dites-moi, où trouverez-vous à présent une jeune fille ou une dame sans son livre, en voyage ou même dans la rue ? J’exagère peut-être un petit peu, mais on en voit quand même beaucoup avec des livres, pas avec des romans, non, toujours avec des livres qu’on ne peut qu’approuver, des livres pédagogiques ou de sciences naturelles ; elles lisent même Tacite en traduction. Bref, il y a une grande soif, un grand zèle, du plus noble et du plus lumineux, mais… mais, quand même, il y a quelque chose qui ne va pas. (p. 85-86)

Le garçon « à la menotte » : Expression désignant les enfants demandant l’aumône, loqueteux, malades, rapidement pervertis. Dostoïevski invente une histoire triste à pleurer, un vrai conte de Noël digne d’Anderson.

Le moujik Maréï : Souvenir d’un paysan bourru ayant eu une parole affectueuse pour l’auteur, alors âgé de neuf ans, terrorisé par une promenade en forêt. Le souvenir lui revient au bagne, en Sibérie, lui faisant voir d’un œil plus amical ses compagnons forcés.

La centenaire : Les derniers instants d’une vieille femme, racontés avec une grande tendresse.

Le triton : une créature facétieuse occupe l’étang de l’île Elaguine, à Pétersbourg, au grand effroi des dames élégantes.

Fédor Dostoïeski, Dernières miniatures, Actes Sud, 2000, 160 p.

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